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Métiers d’Art : des « Talents rares » s’exposent aux Arcades des Arts

L’exposition « Talents Rares » présente 15 artisans européens qui occupent une place unique dans le monde des savoir-faire d’excellence. Les visiteurs peuvent les découvrir gratuitement jusqu’au 25 mars 2020 à Genève, aux Arcades des Arts à travers des films et des objets.

 

Un haut lieu de l’artisanat d’art

A travers une série de 15 portraits filmés et une mise en scène immersive, l’exposition « Talents rares » qui se tient jusqu’au 25 mars 2020 aux Arcades des Arts sur le Pont de la Machine au cœur de Genève, propose au public de découvrir l’univers de 15 artisans européens.

« Nous souhaitons faire des Arcades des Arts un des hauts lieux de l’horlogerie et de l’artisanat d’art à Genève et dans le monde» explique Fabienne Lupo, P-dg de la Fondation de la Haute Horlogerie. Cette première exposition, consacrée aux « Talents rares » en est l’expression.

Crédit photo: Fred Merz

 

Un film au cœur des ateliers

Le  réalisateur suisse Thibault Valloton a en effet suivi ces artisans d’art dans leurs ateliers. Il a filmé les lieux qui les inspirent, leurs gestes, les outils et la matière première dont ils se servent pour réaliser leurs œuvres. « Thibault Vallotton a mis en lumière le geste dans ce qu’il a de plus noble, mais aussi le cœur et la passion qui guident la main » expliquent les organisateurs.

Certains utilisent des matériaux, des compétences intrinsèquement liés au terroir sur lequel ils exercent leur art. D’autres sont les derniers à connaître les arcanes d’un artisanat qui était autrefois largement répandu dans leur région. De jeunes talents ont su donner un nouveau souffle à un métier qui risquait de disparaître, faute de personnes pour le transmettre.

Cette série de films vient d’être sélectionnée par le 12ème Festival International du Film sur les Métiers d’Art (FIFMA) et sera projetée, parmi 30 films en compétition, du 24 au 26 avril 2020 à Montreuil, en France

Les visiteurs de l’exposition pourront également découvrir une sélection d’objets réalisés par ces mêmes artisans.

 

Quinze histoires à découvrir

Les quinze histoires de l’exposition « Talents Rares » sont celles de :

  • Peter Bellerby, Bellerby & Co, créateur de globes terrestres, Royaume-Uni 
  • Eric Charles-Donatien, plumassier, France 
  • Bastien Chevalier, ébéniste, Suisse
  • Philippe Dufour, maître horloger, Suisse 
  • François Junod, automatier, Suisse
  • Izabela Carlucci, vitrailliste, Lituanie 
  • Daniel Lopez Oberero, graveur sur cuir, Espagne 
  • Richard Maier, graveur d’art Allemagne 
  • Annie MacDonald, Carloway Mill, tisserande, Royaume-Uni 
  • Johanna Nestor, fabricante de poêles en céramique, Suède 
  • Anita Porchet, émailleuse pour cadrans de montres, Suisse 
  • Isabelle Villa, peintre miniature, France/Suisse
  • Renzo & Leonardo Scarpelli, mosaïstes en pierre dure, Italie  
  • Ingunn Undrum & Sarah Sjøgreen, cordellières, Norvège
  • Konstantinos Vogiatzakis, Artisan de selles, Grèce.

 

Tous sont à découvrir du mardi au samedi, de 11 H à 19 H.

 

Isabelle Villa, peintre miniature

Crédit photo: Michelangelo Foundation


Franco-suisse, dont l’atelier est implanté à Grésy-sur-Aix en Savoie et la société à Nyon en Suisse, Isabelle Villa a démarré son art après avoir suivi les cours de l’Ecole d’art ENAAI (Bourget-du-Lac) et fait une spécialisation en micro-peinture chez son père, Luis Villa, cadranier à Genève. Depuis 2007, la jeune femme de 35 ans, travaille pour les plus grands noms de l’horlogerie. Parmi eux, Bovet et ses commandes de portraits hyperréalistes d’animaux, Hermès pour qui elle reproduit en peinture les motifs de ses carrés de soie, ou encore Cartier, Girard-Perregaux, Jacob & Co, MB&F, Montblanc, Van Cleef & Arpels…

Isabelle Villa répond à toutes les demandes sur des supports aussi variés que la pierre, la nacre, le saphir. Elle travaille avec les couleurs primaires en développant toutes les nuances de peinture pour des réalisations riches en tonalité.Les techniques de la peinture miniature en émail ont fait les riches heures de l’horlogerie genevoise aux siècles passés. Elles demandent une précision du geste exceptionnelle de la part de mains expertes en sachant que la réalisation d’un cadran représente un travail sous binoculaire allant de une à trois semaines selon le dessin.

Les étapes successives d’une peinture miniature impliquent soin et rigueur non seulement pour reporter le dessin sur le cadran mais ensuite pour appliquer au pinceau les teintes successives avec un passage au four à 80 degrés entre chaque teinte pour la vitrification de l’émail. C’est elle qui donne toute la profondeur à ces « tableaux » de maître. Isabelle Villa a par exemple réalisé la reproduction de la Jeune fille à la perle de Vermeer, une oeuvre réalisée en une cinquantaine d’heures.

« J’ai l’intention de développer mon activité sur d’autres supports comme la bijouterie et pourquoi pas les stylos » explique-t-elle. Elle vise aussi le marché des particuliers. « J’ai participé au salon EPHJ  à Genève et  ainsi customisé une montre pour un particulier. J’ai aussi à cette occasion noué des contacts très intéressants, notamment avec Harry Winston » illustre-telle.

Autre exemple de son art minutieux, la réalisation d’un globe terrestre minuscule de 13 mm sur lequel elle a peint des bateaux d’une taille de 1mm ! Une prouesse technique dont on peut découvrir toutes les facettes sur sa page Facebook ou son site internet www.isabellevilla.fr.

 

Eric Charles-Donatien, plumassier

 

Crédit photo: Lorenzo Fornari


Depuis son atelier parisien, Eric Charles-Donatien crée des accessoires de mode tels que des bandeaux, des chaussures, des sacs et des bijoux ornés d’ouvrages de plumasserie sophistiqués. Son atelier crée également des œuvres contemporaines d’art décoratif associant plumes et métal, cuir ou autres matériaux divers..

« J’ai été formé aux Ateliers Lemarié rachetés depuis par Chanel » indique Eric Charles-Donatien. Son quotidien a été ponctué de belles rencontres « avec Yves Saint-Laurent, M. Givenchy ou encore Jean-Paul Gaultier » indique-t-il soulignant son plaisir créatif pour la robe marinière ou la robe en jean de ce couturier iconique.

Eric Charles-Donatien conjugue ses connaissances de l’artisanat plumassier et du tailoring traditionnel tout en modernisant certaines techniques. Il aime mélanger les matériaux (métaux, tissus, cuir, bois) et cherche à élargir les possibilités d’utilisation des plumes dans la mode, la décoration, l’art contemporain, la joaillerie, la maroquinerie ou la scénographie.

« Je m’intéresse à toutes les diversifications possibles. J’ai récemment réalisé le plafond en métal et plumes de l’Hôtel Crillon et je décore chaque année une villa penthouse pour le Festival de Cannes à la demande d’UGC »

En formant des jeunes apprentis, il œuvre, à 48 ans, à préserver, protéger et promouvoir son savoir-faire rare. « L’aspect éducationnel est très important pour moi. Je transmets mon savoir-faire associé à une vocation sociale auprès des jeunes en difficulté » complète-t-il. « Ils viennent de zones d’éducation prioritaire comme Saint-Denis. Je leur parle du monde de l’entreprise et de l’implication du travail de la main. Je leur apprends le vivre ensemble en même temps que la rigueur ».

Les plumes d’oie, coq, poule, dinde, autruche n’ont plus de secrets pour celui qui crée ses œuvres pour les grands noms du prêt-à-porter ou de la haute couture à l’image de Thierry Mugler ou Alexander Mac Queen. On a pu découvrir son talent lors des Journées européennes des métiers d’art (JEMA).

 

Bastien Chevalier, ébéniste

 


Crédit photo: Nicola Zanatta


Bastien Chevalier a étudié l’ébénisterie pendant quatre ans à Yverdon. À la recherche d’un emploi, il frappe à la porte d’un atelier d’ébénisterie à Sainte-Croix, dans le canton de Vaud en Suisse, où il rencontre Jérome Boutteçon, Meilleur Ouvrier de France en marqueterie de bois. Bien qu’il n’ait jamais eu d’apprenti, Jerôme Boutteçon prend Bastien Chevalier sous son aile et le forme pendant près de six ans dans l’atelier d’ébénisterie Philippe Monti.Il a travaillé pour les montres Parmigiani, Vacheron Constantin ou Saskia Maaike Bouvier

Mais Bastien Chevalier est né à l’ère du graffiti, un monde qui l’inspire profondément. La reconnaissance de son travail à travers des prix internationaux et des expositions dans des salons et des galeries d’art grandit de jour en jour. Il a notamment participé à l’exposition Homo Faber à Venise en 2018 de même qu’aux JEMA.

Par ailleurs, en 2003, Bastien Chevalier a fondé son propre studio de marqueterie en association avec un concepteur horloger produisant des œuvres pour des clients comme François Junod (fabricant d’automates), Vianney Halter (horloger) et Reuge SA (fabricant de boîtes à musique).

« Il n’existe pas de formation à la marqueterie en Suisse, je prends donc des stagiaires » explique l’artisan d’art, qui a 42 ans, commence déjà à transmettre ce qu’il a appris de son maître.

L’art du graffiti a eu une forte influence sur son travail et ses dessins. Son style de travail contemporain, qui évoque le style de l’art du graffiti, se démarque des notions plus traditionnelles de marqueterie. « Je travaille tous les bois, les bois naturels comme les bois teintés dans la masse qui tiennent mieux aux ultra-violets. Ainsi se crée l’harmonisation entre les essences»

 

Richard Maier, graveur d’art

 

Crédit photo: Michelangelo Foundation
 

Bien que ses professeurs lui aient dit qu’il ne possédait pas le talent nécessaire pour poursuivre ses études de gravure, Richard Maier a décidé de continuer sur cette voie, mené par une passion sans faille. Dans son studio de Stuttgart, en Allemagne, il est désormais considéré comme un pionnier de la gravure d’art.

Il a recours à des outils traditionnels tels que le marteau et le ciseau pour créer de magnifiques gravures sur des objets de luxe comme des fusils de chasse ou des couteaux, travaillant entièrement à la main, sous un microscope. Il travaille des essences et matériaux rares tels que la défense de mammouth.

 

Annie MacDonald, tisserande

Crédit photo: Marco Kesseler


Sur l’île écossaise de Lewis, le tissage est un mode de vie qui se transmet de génération en génération. Carloway Mill est l’une des trois seules fabriques de « Harris Tweed» au monde. Elle était sur le point de fermer lorsque Annie MacDonald et son partenaire commercial l’ont achetée et modernisée. S’appuyant sur des techniques traditionnelles, ils ont commencé à produire des tissus plus adaptés à la demande contemporaine, comme le textile léger utilisé dans le prêt-à-porter pour femme.

Le fil utilisé pour la fabrication du « Harris Tweed » provient d’une laine 100 % vierge. L’intensité de la couleur est obtenue grâce à un mélange de deux à huit couleurs individuelles. Le mélange est ensuite cardé et filé. En suivant un motif, le fil est ourdi sur une ensouple pour le métier à tisser Griffiths en double largeur, et ourdi à la main pour le métier traditionnel en largeur simple Hattersley (McArt).

 

Deux fondations unies dans une même démarche

Crédit photo: Fred Merz

 

En 2019, la «Fondation de la Haute Horlogerie» et la «Michelangelo Foundation» ont créé, au cœur de Genève, une vitrine internationale de l’horlogerie et des Métiers d’art : «Arcades des Arts». Ouvert au public, cet espace présente les savoir-faire de l’horlogerie et des métiers d’art dans l’objectif de les perpétuer et de les transmettre aux nouvelles générations. L’art sous toutes ses formes est le fil conducteur de la programmation des expositions organisées tout au long de l’année.

Le programme est disponible sur le site internet : www.arcadesdesarts.com

La Fondation de la Haute Horlogerie a été créée en 2005 par Audemars Piguet, Girard-Perregaux et le groupe Richemont. La FHH a pour vocation de promouvoir et faire rayonner la Haute Horlogerie dans le monde. Ses activités se déploient à travers différentes missions : informer sur l’actualité, l’histoire, le savoir-faire des métiers horlogers, former et certifier les connaissances des professionnels de la branche et organiser des événements dédiés au public et aux professionnels. Les marques partenaires soutiennent financièrement la FHH et contribuent au déploiement de ses activités.

La Michelangelo Foundation for Creativity and Craftsmanship est une fondation internationale à but non lucratif, basée à Genève en Suisse depuis 2015, qui veille à rendre hommage et préserver l’artisanat d’art dans le monde, tout en oeuvrant à renforcer ses liens avec l’univers du design contemporain. La Fondation soutient les hommes et les femmes qui consacrent leur vie à devenir maîtres artisans et à encourager un nouveau mouvement culturel autour des valeurs essentielles à leur travail. Elle a choisi l’Europe comme point de départ pour ses activités, reconnaissant ainsi l’importance cruciale de l’artisanat d’art pour le tissu économique et culturel de cette région depuis des siècles.

 

L’équipe Avisé

Crédit photo : Nicolas Righetti