Avisé, s'informer pour réussir

site d'informations stratégiques
du réseau des chambres de métiers et de l'artisanat d'Auvergne-Rhône-Alpes

Vous êtes ici

Métiers d’art : les entreprises très impactées par la crise sanitaire

La situation des entreprises en 2020, leur réaction face à la crise sanitaire et leurs capacités de rebond très diverses conduisent à un état des lieux très contrasté. L’enquête en ligne a été réalisée en janvier 2022 auprès de 1110 répondants exerçant un métier d’art dont 252 labellisés Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV), avec une majorité d’entreprises œuvrant dans la création-production.

 

Surtout des artisans

Au niveau national, il ressort que les entreprises inscrites au répertoire des métiers, c’est-à-dire les artisans, sont majoritaires (71%). Leur activité est globalement orientée vers la clientèle de particuliers. Parmi les types de production réalisées, la fabrication sur commande (79%) et les créations propres (72%) sont prépondérantes suivies par la production sur-mesure (55%). Seuls 15% des répondants réalisent aussi des pièces en sous-traitance.

Les professionnels interrogés sont principalement actifs sur le marché domestique : 61% des répondants ne sont pas présents à l’export. Pour la presque totalité des entreprises exportatrices, le premier marché est l’Europe (93%) suivie de l’Amérique du Nord (45%) et de l’Asie-Pacifique (29%).

 

Rebond parfois difficile

En termes d’activité, une entreprise sur cinq estime qu’elle a réussi à sortir de la crise sanitaire, mais 27% n’arrivent pas à rebondir. C’est la participation aux événements (marchés, salons) qui demeure le plus impactée par la crise en dépit de la reprise des salons au moment de l’enquête. Ce qui se traduit par une baisse des commandes et des chantiers (55%) et des difficultés d’approvisionnement (36%).

Pour leur part, les entreprises labellisées EPV sont encore très touchées par les conséquences de la crise sanitaire, mais dans une moindre proportion que pour l’ensemble des entreprises des métiers d’art. Quelque 30% des EPV disent être sorties de la crise mais 21% n’arrivent pas à rebondir.

Reste que les conséquences de la crise varient selon le métier : les professionnels de la céramique rencontrent des difficultés notamment dans les actions de vente et la participation aux événements. Les professionnels de la facture instrumentale sont surtout affectés dans leur activité de production avec pour 71% d’entre eux une baisse des commandes. Pour 54%, ce sont surtout des difficultés dans l’approvisionnement en matériaux et pour 24% des difficultés de trésorerie.

 

Moins d’activité

En termes de chiffre d’affaires, 36% des entreprises ont constaté une baisse entre 2020 et 2021. Les marges sont également en recul avec une baisse du bénéfice pour 40% des répondants. La reprise est toutefois plus favorable pour les EPV :  48% ont vu leur chiffre d’affaires augmenter et 31% ont enregistré une progression du bénéfice.

À noter encore que les entreprises de plus de 10 salariés tirent plutôt leur épingle du jeu avec un bénéfice majoritairement en hausse. Quant aux entreprises de moins de 3 ans, elles font preuve d’un réel dynamisme avec une progression de 40% du chiffre d’affaires pour 44% d’entre elles. Les entreprises de plus de 50 ans ont connu une certaine stabilité, avec des pertes et des progressions de chiffre d’affaires peu élevées.

En revanche, les professionnels les plus actifs à l’export - qui y réalisent plus de 40% de leurs ventes - sont encore fortement impactées et plus nombreuses à connaître un chiffre d’affaires en baisse (une baisse élevée pour 44% d’entre elles). Par ailleurs, les entreprises réalisant plus de 60% de leur chiffre d’affaires auprès d’une clientèle professionnelle sont plus nombreuses à enregistrer une reprise d’activité.

 

Peu de licenciements mais moins d’apprentis

En termes d’emploi, un peu moins d’une entreprise sur trois ne constate aucun effet de la crise sur ses effectifs. Une faible partie -seulement 6%- a été contrainte de licencier. Le recours au chômage partiel a été utilisé par 44% des professionnels interrogés. En outre, 40% recrutent ou cherchent à recruter.

La crise sanitaire a des effets plus sensibles sur les salariés des EPV, du fait surtout du recours au chômage partiel : si 14% renoncent à recruter plus de la moitié embauche mais 36% indiquent avoir des problèmes pour trouver le bon candidat.

Seulement 20% des professionnels interrogés emploient d’ordinaire un ou plusieurs apprentis alternants. Pour 28% d’entre eux, la crise aura un effet négatif. Il y aura moins de recrutements d’apprentis voire pas du tout. A noter que 56% des EPV accueillent des apprentis.

 

L’équipe Avisé

 

Source : institut-metiersdart.org

 

Crédit photo : Pixabay