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Métiers d’art : révolutionner la filière

Chargé par le Premier ministre d’une mission visant à préserver et développer les métiers d’art et du patrimoine vivant, le député de l’Hérault, Philippe Huppé a remis le 11 décembre son rapport à Matignon. Plus de 60 auditions et 130 rencontres et visites dans toute la France auprès des professionnels des 281 métiers d’art et gérants d’entreprises de patrimoine vivant ont émaillé son travail. Celui-ci s’est soldé par 22 propositions présentées à Bercy le 21 décembre.

 

Objectif premier : créer un label national

L’objectif premier est de mieux soutenir les professionnels en créant un label national qui reconnaîtrait l’excellence des métiers d’art et serait distribué par les Chambre de métiers régionales. Avec le but « d’apporter une meilleure reconnaissance aux artisans d’art dont le principal talent repose sur un mélange entre la parfaite maîtrise d’un savoir-faire et une créativité certaine », indique Philippe Huppé dans un communiqué.  

Pour ce faire, le label Entreprise du Patrimoine Vivant, créé en 2005 et qui jouit d’une forte popularité auprès des entrepreneurs pourrait voir évoluer ses critères d’attribution. Philippe Huppé propose notamment de « refondre son animation afin de la placer au cœur des territoires ». Les artisans d’art constituent en effet un levier important pour redynamiser les centres-bourgs des villes moyennes et petites. Une dimension « métiers d’art » pourrait donc être intégrée dans le plan Action Cœur de Ville, lancé par le gouvernement.

 

Créer des espaces de coworking pour les métiers d’art

Ce soutien pourrait prendre également la forme d’espaces de coworking dans les territoires intégrant des métiers d’art. Les fablabs et autres lieux partagés se révèlent en effet particulièrement adaptés pour tisser des liens créatifs et mutualiser les moyens des artisans d’art. « Cette action pourrait s’inscrire dans le cadre du plan gouvernemental de développement des tiers lieux annoncé en septembre par le ministre de la Cohésion des territoires ».

 

Formation et transmission

Autre volet important du rapport, celui de la formation pour assurer la transmission des savoir-faire d’exception portés par les métiers d’art. Aujourd’hui, il paraît essentiel de donner une meilleure image à ces métiers d’exception et au-delà à la filière de l’apprentissage. Le secteur se caractérise en effet par des petits flux de formation. Dans le cadre de la réforme de la formation professionnelle qui sera mise en place, il s’agira donc de s’assurer d’une prise en compte des spécificités des métiers d’art en passant par une gestion des formations propres aux 281 métiers d’art par un unique Opérateur de compétences nouvellement créé par la loi.

Le député propose également d'expérimenter à plus grande échelle le dispositif d’atelier-école, porté notamment par Atelier d’Art de France afin de s’assurer de la transmission des savoir-faire pour lesquels il n’existe plus de centres de formation.

En outre, la question de la formation continue est elle aussi fondamentale pour le secteur des métiers d’art qui connaît un taux de reconvertis de 62%.  « Par les valeurs humaines de créativité, de liberté et de travail qu’ils portent, les métiers d’art connaissent en effet un regain d’intérêt fort  et il est essentiel de pouvoir accompagner cet engouement vers l’excellence française » poursuit le communiqué.

 

Vers un organisme unique et fort

C’est pourquoi le rapport prône de se doter d’un organisme unique et fort qui réunirait les compétences et les connaissances de l’Institut national des métiers d’art (INMA) et celles de l’Institut Supérieur des Métiers (ISM) qui assure notamment la gestion du label EPV. Le nouvel organisme pourrait ainsi porter les savoir-faire d’excellence des métiers d’art en étant un interlocuteur indispensable. Il pourrait aussi se voir confier d’autres compétences telles que l’accompagnement du label Indication Géographique (IG) lancé en 2015, qui protège l’authenticité des savoir-faire.

Le rapport suggère de s’appuyer sur toutes les compétences existantes et notamment sur les représentants de l’artisanat français afin de « constituer un organisme de référence en matière de savoir-faire d’exception ».

Enfin il propose la création d’un groupe d’étude consacré aux métiers d’excellence sous la forme d’un Groupement d’intérêt économique à l’image d’Atout France.  « Comme député des métiers d’art, Philippe Huppé s’engage donc, aux côtés de tous les acteurs, à mener cette petite révolution dans le monde des métiers d’art et du patrimoine vivant » conclut le communiqué.

 

L’équipe Avisé

Source :

lesechos.fr

                              

Crédit photo : Pixabay