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“Coiffeurs justes” recycle les cheveux

05/11/2019

C’est en 2015 que Thierry Gras, coiffeur à Sainte Zacharie dans le Var, décide de créer l’association « Coiffeurs justes » qui a pour vocation de s’occuper d’écologie dans les salons de coiffure, avec l’installation d’économiseurs d’eau et d’électricité et surtout la récupération des cheveux pour les retraiter. Grâce à un financement européen Leader, Thierry Gras fait alors réaliser une étude de faisabilité par Ecoscience Provence, ainsi qu’une vidéo et un site internet par Territoires Branding.

 

 

L’adhésion d’un salon à l’association est défiscalisable à 66 % : elle coûte aux salons 25 € pour un an, de date à date, et assure les envois de sacs en papier (facturés 1 € par sac aux salons). Chaque sac peut contenir 220 à 230 coupes de cheveux. Une fois pleins, ils sont transportés par la Poste ou Mondial Relay moyennant 6 € par sac jusqu’au salon de Thierry Gras.

 

Vers une économie circulaire

« À partir du 4 novembre 2019, les sacs seront directement livrés à un centre d’aide par le travail (ESAT) où seront fabriqués les filtres anti-pollution. L’objectif est de trouver rapidement d’autres ESAT en France pour mettre en place un circuit d’économie circulaire et ainsi laisser les cheveux sur place, dans chaque région » explique le professionnel. Il négocie actuellement avec le groupe La Poste pour centraliser les cheveux dans les centres de tri, et avec des Communautés de communes pour trouver des ESAT.

Quant aux marques de produits comme Davines, Belma Kosmetik, Revlon, Wella ou Jacques Seban - qui a financé les 20 000 premiers sacs-, elles mettent à disposition les sacs dans leurs commandes livrées aux salons. « Si des grandes marques venaient nous rejoindre, elles seraient les bienvenues » précise Thierry Gras.  « Les coiffeurs sont les ambassadeurs de ce mouvement solidaire qui met à bas toutes les compétitions entre salons et remet le métier de coiffeur en valeur : il devient un dépollueur ».

Déjà, l’association « Coiffeurs justes » compte 1 300 salons adhérents en France et monte en puissance avec actuellement 100 adhérents par jour. Elle est en lien avec l’association américaine Matter of Trust et intéresse aussi des salons en Suisse, en Belgique, en Espagne, en Italie, en Allemagne, qui souhaiteraient adhérer au projet.

 

Deux méthodes

Grâce à leurs qualités (solidité et absorption d’huiles), les cheveux sont utilisés comme barrières anti-pollution dans les bassins de rétention au bord des routes et des autoroutes, dans les zones industrielles, dans les ports...  Un projet est ainsi à l’étude dans les Calanques de Marseille pour récupérer les huiles solaires.

Deux méthodes sont employées pour la fabrication des filtres anti-pollution:

  • soit les cheveux sont bourrés dans des collants qui leur permettent de flotter
  • soit les cheveux sont tissés grâce à une machine tout récemment achetée pour l’ESAT. Ces filtres anti-pollution, dont la fabrication commence en décembre, feront 46 cm de longueur sur autant de largeur et 2 cm d’épaisseur. Ils seront notamment destinés à des garages automobiles ou aux pompiers.

« Ces filtres seront lavables 6 à 10 fois et après la dernière utilisation serviront d’isolant sous les carrelages, dans des murs ou sous forme de tapis», souligne Thierry Gras. Déjà 5 tonnes de cheveux ont été récupérées par « Coiffeurs justes ». Pour rappel, 3 000 à 4 000 tonnes de cheveux sont coupées chaque année en France.

 

Lire aussi : Développement durable : les coiffeurs s’engagent aussi

 

L’équipe Avisé

 

Crédit photo : « Coiffeurs justes »