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Contrôle technique : une année en dents de scie après la réforme

L’Organisme technique central (OTC) vient de publier un bilan d’activité des centres agréés pour le contrôle technique des véhicules pour l’année 2018. Il ressort que le nombre de contrôlés réalisés a été de 25 450 000 en 2018, soit une progression de seulement 0,4 % en un an. Les quatre premiers mois de l’année dernière ont cependant été marqués par une fréquentation en hausse de 25 %, avec un pic à + 61 % en avril, juste avant l’entrée en vigueur de la réforme (analyse supplémentaire des fumées à l’échappement). Depuis 2010, le nombre de contrôles techniques réalisés avait augmenté régulièrement, dans une fourchette comprise entre 1 et 4 % par an.

 

Vieillissement du parc contrôlé

L’OTC constate que le taux de contre-visites est passé de 17,4 % avant le 20 mai 2018, à 21,5 % après (en hausse de 24 %). Ce taux progresse aussi avec l’âge du véhicule : il passe de 4,6 % pour les moins de 4 ans à 29,7 % pour les plus de 10 ans et même à 31,9 % pour les utilitaires légers. Le vieillissement du parc de véhicules contrôlés s’accroît de 11,99 ans en 2017 à 12,17 ans en 2018.

De son côté, le Conseil national des professions de l’automobile (CNPA) prône de passer à un contrôle annuel dès la septième année d’un véhicule. Le syndicat s’inquiète en effet du ralentissement de l’activité, avec une progression du marché de seulement 0,4 % en un an. Le CNPA juge qu’un entretien préventif régulier associé à un contrôle annuel dès la septième année favoriserait une baisse du coût global tout au long de la vie du véhicule. Pour lui, cela permettrait d’augmenter la sécurité routière et d’améliorer l’environnement.

Au bout du compte, l’année 2018 se distingue des années précédentes par une très faible progression du marché, commente le CNPA.

 

Un secteur en crise

L’organisation rappelle que le métier traverse une crise qui place les professionnels en grande difficulté. Selon elle, le renforcement du contrôle technique ne profite pas nécessairement aux contrôleurs : une trentaine de contrôleurs agréés ont disparu l’an dernier, « du jamais vu dans le métier » souligne la branche. D’autres contraintes font jour pour le secteur tels que des investissements à prévoir, un gel des prix annoncé, un manque de personnel formé alors même que les volumes sont en baisse (- 22 % en mars 2019).

À noter, que ce renforcement du contrôle technique, n'est pas non plus en faveur de l'activité réparation automobile qui enregistre fin 2018 et début 2019 une baisse d'activité (carrosserie - 1 %, pièces techniques - 3,5 % et pièces de grande vente - 4 %).  Source : Fédération de la distribution automobile.

 

Hausse des prix

En attendant, les prix d’un contrôle technique ont bondi de 12,3 % constate une étude de simplauto.com. Le tarif moyen est passé de 69 à 77,60 euros depuis mai 2018, un niveau de hausse jamais constaté depuis 2013.

Pour rappel, la France s’est mise en conformité avec une directive européenne visant à améliorer la sécurité des véhicules. Celle-ci impose de rechercher 610 défaillances potentielles sur 133 points de contrôle (auparavant 459 possibilités de défaillances étaient contrôlées et 123 points surveillés).

Cette hausse des contrôles peut expliquer le renchérissement constaté en 2018 du à l’allongement des opérations de vérifications. En réalité, pour se mettre en conformité avec la nouvelle réglementation, les centres ont dû embaucher du personnel et se doter de nouvelles compétences. Les centres ont surtout procédé à un rattrapage, les prix n’ayant que peu bougé depuis dix ans, explique simplauto.com.

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

decisionatelier.com

lepoint.fr

lemonde.fr

decisionatelier.com

 

Crédit photo : Pixabay