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Coronavirus : la filière horticole sous le choc

L'interprofession Val'Hor a réalisé une enquête sur l'impact de l'épidémie de Coronavirus - Covid-19 sur l'activité des entreprises du secteur. La perte s’établit à 86% d’un an sur l’autre pour les trois premières semaines de confinement.

 

« Il y a trois semaines quand la crise sanitaire a démarré toutes les entreprises horticoles ont été mises à l’arrêt complètement. Le coup de frein a été brutal. En fin de semaine 12, l’impact se traduit par une baisse de 86% du chiffre d’affaires, les plus touchés étant les fleuristes et les horticulteurs pépiniéristes » explique Mikael Mercier, président de Val’Hor, l’Interprofession française de l’horticulture, de la fleuristerie et du paysage.

 «Très vite, on a eu des remontées du terrain, les seuls canaux qui pouvaient continuer à vendre étant l’internet (1% jusque-là) et la grande distribution (15% du total). »

 

Trois requêtes

Val’Hor a donc fait trois demandes précises au gouvernement :

  • Faire en sorte que les plants potagers et les petits fruits soient reconnus comme un produit de première nécessité. Ils peuvent représenter chez certains ménages jusqu’à 30% de leur consommation. C’est chose faite depuis le 3 avril en Auvergne-Rhône-Alpes, suite à un arrêté de la Préfecture de Région.

 

  • L’application du principe d’équité entre les magasins qui vendent des plantes d’ornement. La filière prend la crise de front avec des produits périssables (fleurs coupées, plants horticoles et potagers). En outre, la période de mars à mai représente jusqu’à 50% du chiffre d’affaires des entreprises concernées. « On a travaillé pendant un an pour mettre en route cette production »

 

  • Un plan de soutien massif et rapide pour la filière pour faire face aux problèmes de trésorerie et de pertes d’exploitation, au risque sinon de faillites en cascade. Il devrait permettre de compenser rapidement la triple peine subie par les entreprises du végétal, à savoir la destruction de leur marchandise périssable et non stockable, la perte d’un chiffre d’affaire estimé à - 86% sur l’ensemble de la filière par rapport à la même période l’an dernier et la crainte pour les producteurs de ne pas pouvoir remettre en production.

 

Pas de dispositif particulier

« Pour l’heure, il n’y a pas encore de dispositif particulier concernant le dégrèvement des charges. Ce sont les mesures qui s’appliquent à toutes les entreprises (décalage de charges sociales sur deux mois, décalage des emprunts sur six mois, possibilité de contracter un prêt auprès de BPI, Fonds de solidarité ».

En parallèle, Val’Hor a sollicité le gouvernement pour avoir des aides françaises ou européennes. Par habitude autonome, la filière ne rentre jusque-là dans aucun dispositif existant comme c’est le cas pour l’agriculture.

L’ensemble des professionnels, qui entraient tout juste dans le cœur de la saison, ont pris un choc sans précédent. « En dépit de la vente de plants potagers qui ne représentent que 5% des ventes globales, la filière, trois semaines après le début du confinement, perd toujours 86% de son chiffre d’affaires ». Les professionnels n’ont pas compris que le commerce des plantes n’ait pas été permis jugeant cette activité saine pour tous : « Le végétal est essentiel à la vie » est même leur slogan. « Quand on aura résolu cette crise, d’autres sujets tels que la biodiversité ou le réchauffement climatique devront être traités », conclut Mikael Mercier.

 

Les artisans fleuristes en première ligne

Les fleuristes, sont eux sous le coup d’une fermeture obligatoire mais ils peuvent continuer, s’ils le souhaitent, à prendre des commandes par mail et par téléphone. Seule la vente en boutique n’est pas autorisée. Pour prendre le pouls de la situation, la Fédération française des artisans fleuristes (FFAF) a réalisé une enquête auprès de ses 14 000 ressortissants du 27 mars au 2 avril.

Il en ressort que 90% des artisans ont totalement arrêté leur activité car maintenir une activité partielle requiert un certain volume de fleurs qu’ils ne pouvaient plus assurer. En outre, du fait des mesures du confinement de la population, le besoin en fleurs s’est avéré moins important. Résultat, seulement 10% maintiennent les livraisons jusqu’au 15 avril. « Le gouvernement devrait d’ici là faire de nouvelles annonces. D’autres dispositions devraient être prises par les fleuristes pour fleurir la vie des Français » indique Florent Moreau, président de la FFAF.

Lors de l’enquête réalisée auprès d’un échantillon de 1572 artisans, 65% des entreprises fleuristes ont annoncé avoir une capacité d’autofinancer leurs charges fixes jusqu’à fin avril. « Après, la situation sera très périlleuse » explique Florent Moreau. « Au 15 mars, 15% d’entre elles avaient déjà un compte en banque négatif et se disaient en extrême danger ».

Quelque 92% des artisans fleuristes ont sollicité l’aide du fonds de solidarité. « Toutes les mesures annoncées par les pouvoirs publics vont épargner la trésorerie mais ce ne peut être une solution définitive. C’est un dégrèvement des charges qui est attendu, seule solution pérenne qui couvrira les charges fixes et devra être couverte, soit par l’Etat, soit par les assurances ».

Déjà, la fermeture précipitée des commerces de fleurs depuis le 14 mars au soir a généré une perte sèche de 40 millions d’euros, soit environ 3500 € en moyenne par fleuriste. Après des Fêtes de Pâques au ralenti et un premier mai encore en pointillés, l’espoir des professionnels est désormais de sauver la Fête des Mères, qui se déroulera début juin, et qui représente la plus forte activité de l’année. « Plus les mesures de confinement tardent, plus on est inquiets » conclut Florent Moreau.

Lire aussi: Covid-19 : le réseau des CMA d'Auvergne-Rhône-Alpes en soutien aux entreprises artisanales

 

L’équipe Avisé

 

Source : valhor.fr

 

Crédit photo : Fédération française des artisans fleuristes