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Faux véhicules d’occasion : les automobilistes lésés, la réputation des réparateurs entachée

Plusieurs scandales ont défrayé la chronique, au sujet de véhicules gravement endommagés (VGE) maquillés en véhicules d’occasion (VO). Ces affaires posent un problème de sécurité publique et entachent la réputation des professionnels de l’entretien automobile, réparateurs comme experts. Les pressions assurantielles, cause de la diminution du nombre de véhicules placés en procédure VE (véhicule endommagé), sont pointées du doigt.

 

Des scandales de faux VO/vrais VGE

Des affaires d’épaves maquillées en véhicules d’occasion ont connu un retentissement médiatique. La principale étant celle révélée en été 2015 par Le Parisien, qui fait état de 5 014 véhicules identifiés comme inaptes à la circulation, mais frauduleusement estampillés VO. Puis, en janvier 2017, L’Argus de l’assurance affirmait que 1 200 autres étaient dans le même cas. La dernière en date remonte à début mai 2017 et concerne 1 021 véhicules. Ces différents scandales ne seraient que la partie émergée de l’iceberg : 200 000 à 300 000 véhicules dangereux seraient dans la nature.

 

Une question de sécurité publique

Les conducteurs s’en trouvent lésés sur tous les plans. Il en va évidemment de leur intégrité physique : un passager d’une Clio, qui se trouvait être un VGE déguisé en VO, a perdu la vie en 2014 dans l’Essonne. Le préjudice est également financier, lorsqu’un conducteur investit dans un véhicule qui se révèle in fine interdit à la circulation. Enfin, il subit une privation de sa mobilité, une fois le véhicule identifié comme frauduleux.

Moins grave, mais néanmoins préoccupant, ces affaires mettent à mal l’image des professions de l’entretien automobile. La faute au comportement peu scrupuleux d’une minorité d’experts, réparateurs et vendeurs de véhicules d’occasion, qui font passer des considérations économiques avant l’impératif de sécurité. Mais les critiques les plus appuyées sont faites à l’encontre des assureurs.

 

Les pressions assurantielles en cause

La procédure VE, définie par le décret 2009-397 du 10 avril 2009 et son arrêté d’application du 29 avril 2009, est censée garantir la sécurité routière. Elle sert à déterminer si un véhicule est considéré ou non comme endommagé. Or le nombre de procédures VE enclenchées a chuté depuis 2011. Il s’élève aujourd’hui à 300 000 pour 4 millions de sinistres.

Les experts en automobile sont en effet de moins en moins enclins à déclencher la procédure VE. Les fédérations professionnelles de réparateurs y voient une pression des organismes d’assurance. La procédure serait trop chère pour les assureurs qui mandatent un expert lors d’un sinistre. La branche carrosserie du CNPA (Conseil National des Professions de l'Automobile) voudrait alors revoir les grilles d’entrée et de sortie de la procédure VE. Le rôle économique de l’expert est également remis en question. Dans tous les cas, cette problématique de sécurité publique mérite que les différents acteurs concernés s’assoient à la table des négociations pour trouver une solution.

 

L’équipe Avisé

 

Source : Après-Vente-Auto, 13/04/2017

Le Parisien, 08/07/2015

L'Argus de l'assurance, 18/01/2017

Crédit photo : Pixabay