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La coiffure en mal de collaborateurs

La coiffure manque de bras, faute de suffisamment de coiffeurs formés au bon moment. La baisse des aides à l’apprentissage connue par la profession en 2013 se traduit, 5 à 7 ans après, par un recul des effectifs. L’objectif est plus que jamais de relancer la formation des jeunes.

 

En manque de 10 000 collaborateurs

« Il manque aujourd’hui plus de 10 000 collaborateurs », explique Christophe Doré, président de l’Union Nationale des Entreprises de Coiffure (UNEC) représentatif du secteur avec 83% des entreprises adhérentes. « On se retrouve dans cette grande complexité à cause des baisses en 2013, des aides à l’apprentissage, ce qui se traduit 5 à 7 ans après, par un manque de bras car les gens n’ont pas été formés au bon moment ».

A l’inverse, les aides à la formation des jeunes mises en place dans le cadre du plan « 1 jeune 1 solution », soit 5000 euros pour un mineur et 8000 euros pour un apprenti majeur vont, elles, dans le bon sens. « C’est très important car cela compense l’investissement réalisé, car quand un coiffeur forme, il ne travaille pas ! » rappelle Christophe Doré.

L’abrogation en août 2021 de l’arrêté de 1992 (qui limitait à un le nombre d’apprenti formé par maître d’apprentissage) est une demande de longue date de la profession, qui a été entendue : « L’apprentissage c’est notre ADN » rappelle le président de l’UNEC. C’est une voie privilégiée pour la coiffure qui « enregistre par ailleurs d’excellents taux d’insertion et donne des perspectives d’avenir aux jeunes dans notre belle profession ».

 

Lire aussi : Coiffure : fin du quota d'apprentis dans les salons

 

En 2019, 45% des apprentis ayant obtenu un diplôme de la coiffure en apprentissage sont en emploi 6 mois après leur sortie de CFA (contre 38% des élèves sortants de la vie scolaire). Cette proportion est similaire un an après la sortie de la formation.

 

Moins de jeunes formés

Deuxième secteur de l’artisanat formant des apprentis en CFA, la coiffure a perdu 27% de ses effectifs en formation depuis 2007/2008. Ce recul s’est nettement accéléré sur les rentrées scolaires de 2012 à 2014. Mais sur les autre dernières années (rentrées scolaires 2015 à 2019), le nombre d’apprentis tend à se stabiliser.

 

Source: UNEC, Nombre d'apprentis formés

 

Au niveau de la formation par la voie scolaire, la coiffure a perdu 50% des effectifs en formation depuis 2008/2009. Cette baisse s’est nettement accélérée depuis la rentrée scolaire de 2014. Elle se poursuit en 2020 : - 14,1% représentant une baisse de 884 élèves scolarisés dans la filière. Quelque 84% des élèves se préparant au métier de coiffeur préparent un CAP.

 

Source: UNEC, Nombre d'étudiants formés par voie scolaire

 

La coiffure a enregistré à la rentrée scolaire 2019-2020 plus de 17 700 apprentis. Les alternants (apprentis et contrats de professionnalisation) représentent 17% de l’emploi salarié du secteur qui compte près de 109 000 collaborateurs. Au 1er janvier 2021, le secteur compte plus de 98 000 établissements (dont 68 600 salons de coiffure) et 178 000 actifs (dont 109 000 salariés, alternants inclus). Le nombre d’établissements est en progression de 2% par rapport à 2019.

 

Fort impact de la pandémie sur le chiffre d’affaires

Dans sa brochure intitulée « Chiffres-clés 2020 », l’UNEC fait aussi le point sur l’impact de la pandémie sur le secteur. En 2020, on dénombre 7200 nouvelles immatriculations, soit une baisse de 9%. Par ailleurs, quelque 560 défaillances d’entreprises ont été enregistrées contre 908 en 2019. L’exercice 2020 comptabilise 5360 fermetures d’établissements, soit une baisse de 20%.

Le chiffre d’affaires des salons de coiffure a reculé de 19,5% en valeur sur l’année 2020 en comparaison avec 2019. Selon une enquête de l’UNEC réalisée entre mai et août 2020, plus de six répondants sur dix ont enregistré une baisse significative de chiffre d’affaires sur la période ? et cela en dépit de trois semaines de forte fréquentation constatées à la reprise de l’activité, le 11 mai.

 

Nouvelles habitudes

« De nouvelles habitudes ont été prises par les clients lors du 1er confinement » constate Christophe Doré. Cela s’est traduit par un espacement des visites, la généralisation du télétravail moins favorable à l’entretien régulier de sa coupe de cheveux ou de sa couleur. A cela se sont ajoutés l’incertitude sur l’environnement économique, un climat anxiogène ou encore l’annulation de nombreuses cérémonies et fêtes familiales (mariages, baptêmes, anniversaires…etc.)

Un grand nombre d’entreprises de coiffure fait toujours face à un recul d’activité par rapport à 2019, le secteur ne retrouvera pas en 2021 le niveau d’activité d’avant crise. « 2021 est une année charnière, mais on va rebondir. En 2022, on reprendra la vraie vie » estime le président de l’UNEC, confiant dans la résilience de la profession.

 

Davantage de micro-entrepreneurs

Autre constat fait par la profession, le départ de certains professionnels vers d’autres métiers s’est accentué avec la crise sanitaire qui a largement changé la donne. Le nombre d’actifs du secteur diminue de 2250 salariés. Selon l’UNEC, le transfert du salariat vers le micro-entreprenariat se poursuit et ce dernier progresse au détriment de l’entreprise individuelle classique.

Aujourd’hui, on dénombre dans la coiffure quelque 26 000 micro-entrepreneurs, principalement des coiffeurs à domicile, mais également des coiffeurs en salon qui travaillent seuls.

 

Source: ACOSS/URSSAF

 

Actuellement, 73% des établissements exercent leur activité en salon et 58% des établissements n’emploient aucun salarié. Le secteur réalise un chiffre d’affaires global de 6,2 milliards d’euros, soit un chiffre d’affaires moyen par salon de 80 500 euros par entreprise.

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

unec.fr/chiffres-cles-de-la-coiffure

francetvinfo.fr

lesechos.fr

 

Crédit photo : Pixabay