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Le métier de rempailleur : un vieux métier qui a de l’avenir

21/02/2020

Le métier de rempailleur est plein d’avenir. Le goût retrouvé des décorateurs pour la paille a remis cette activité à la mode en France. Acquérir de l’expérience passe d’abord par un apprentissage chez un artisan, en général après un CAP.

 

Une formation bien adaptée

Le rempailleur a en charge la réfection des sièges en paille. Souvent itinérant, il propose ses services au porte à porte ou sur les marchés.

Pour mettre en œuvre la technique du paillage, il faut un vrai tour de main qui s’apprend d’abord à l’école. Le CAP cannage-paillage en ameublement d’une durée de 1 à 3 ans et le CQP canneur-pailleur en ameublement et décoration peuvent se préparer dans le cadre de la formation continue. Parallèlement, divers stages permettent de s’initier ou de se perfectionner aux techniques de cannage paillage, chez des artisans déjà installés.

Avec l’engouement pour les meubles traditionnels, la paille revient en force sur le marché. Si l’industrie s’en empare, elle ne peut pas encore rivaliser avec les artisans.

  • Le cannage traditionnel s’effectue en passant des brins de rotin dans les trous percés à cette fin dans le châssis du siège. L’artisan trace des lignes verticales puis horizontales en tissant dessus-dessous et enfin des diagonales. Quelquefois, des chevilles permettent de fixer la canne de rotin dans des trous préformés à la mèche. Un cannage à l’ancienne tient 30 ans pour l’assise, 50 pour le dossier.
  • Le cannage en rouleau est adapté aux meubles contemporains comme les chaises bistrot des années 70, car une rainure est prévue dans ces sièges pour y glisser la tige de rotin. Mais il tiendra moins longtemps parce qu’il comporte des noeuds qui se retrouveront au milieu de l’assise et la fragiliseront.

 

Une technique ancienne venue du Sud

Né à la fin du XIVème siècle dans le Midi de la France, le paillage est une technique venue d’Italie : elle consiste en un composé d’herbes des marais (très longues, et solides) sur lesquelles on a enroulé à la main de la paille de seigle (mais du seigle à grande tige différent de celui que l’on utilise pour la farine).

Le métier a stagné jusqu’au XIXème siècle où les sièges en paille cèdent la place aux sièges en métal, au moins dans les lieux publics. Seules les églises conservent ce matériau, symbole associé à la naissance de Jésus.

Aujourd’hui, on utilise le plus souvent des rouleaux tout prêts de cordon à rempailler fabriqués en Chine : il s’agit de paille de seigle enroulée, cette fois à la machine, autour d’une tige d’herbe de mer. Un brin qui dure a priori moins longtemps que le paillage traditionnel.

La plupart des canneurs-rempailleurs sont des indépendants, très rarement salariés. Le cœur du métier consiste à restaurer le mobilier du patrimoine. Pour les intérieurs, la clientèle est essentiellement privée. Quelques entreprises peuvent  elles aussi rempailler des chaises pour des structures d’Etat tels que les ministères ou le Mobilier national.

 

L’équipe Avisé

 

Source : institut-metiersdart.org

 

Crédit photo : Pixabay