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Les ventes de scooters et motos rebondissent

Selon une étude du cabinet AAA Data, les ventes de scooters et de motos, sont nettement reparties à la hausse depuis la fin du confinement. Dans le contexte de crise sanitaire, les Français ont repris goût aux deux-roues motorisés notamment pour éviter les transports en commun.

 

Après plusieurs années de crise, le marché du motocycle reste très sensible à la conjoncture économique. Depuis 2014, il montre des signaux d’amélioration : les ventes de motos et de scooters, bien reparties à la hausse début 2020 ont été mises à mal pendant le confinement avec un recul de 56% des immatriculations au mois de mars.

Mais dès le déconfinement acté, elles se sont de nouveau envolées. Les Français ont repris goût aux engins deux-roues motorisés : les ventes de scooters et motos toutes cylindrées ont progressé de 37% en juin, de 26% en juillet et de 15,3% en août, avec 15 168 exemplaires écoulés (contre 13 156 en août 2019).

Cette hausse devrait se prolonger en septembre. Selon une estimation du cabinet AAA Data, elles devraient atteindre 19 788 unités, représentant un bond de 18% par rapport à septembre 2019.

 

Le défi des délais à respecter

Sur 12 mois, la vente de deux-roues neufs a atteint un peu plus de 40 000 immatriculations, soit une croissance de 38% en un an. Les engins d’occasion ont bondi de 50% avec plus de 107 000 immatriculations.

Les modèles qui ont le plus profité de la hausse sont les 125 cm3 et les scooters trois roues, accessibles avec un permis B.  Le secteur des motos accessibles avec un permis A a également profité de cet engouement. Quelque 9 375 immatriculations de moyennes (125 à 500 cm3) et grosses cylindrées (supérieures à 500 cm3) ont été enregistrées, soit une progression de 16,7%.

Ces chiffres sont comparables à ceux relevés avant le confinement. Malgré le rebond post-confinement, les ventes de 125 cm3 et celles des grosses cylindrées ont cependant reculé de 7% depuis début 2020. Pour rattraper le retard d’ici décembre 2020, les fabricants devront relever le défi des délais de livraison.

 

La peur des transports en commun

L’engouement des Français pour le marché des deux-roues est révélateur de la peur engendrée par la COVID-19. Les Français veulent éviter de prendre les transports en commun, perçus comme « à risque ». Selon les professionnels, il y a bien eu un effet COVID-19 sur les ventes comme remarqué sur les ventes de vélos.

Motos et vélos d’occasion ont eux aussi profité de remise en état. Une opportunité saisie par les artisans réparateurs. Après le confinement, leur activité a nettement progressé et s’est même parfois traduite par un engorgement de la demande des consommateurs.

Lire aussi : Le marché du vélo remis en selle depuis le déconfinement

 

Le secteur des deux-roues en quelques chiffres

Le secteur des deux-roues en France compte 6 681 entreprises et emploie 11 300 salariés. Trois types d’entreprises se partagent le marché : 

  • Les concessionnaires
  • Les garages motocistes 
  • Les réparateurs rapides-accessoiristes

L’activité est répartie sur trois pôles : la vente de véhicules (neuf et occasion), l’après-vente (maintenance-réparation et vente de pièces) et la vente d’accessoires (équipements de sécurité, habillement et accessoires). 

Le secteur du deux-roues est très atomisé, la majorité des entreprises emploie moins de 11 salariés.

 

Très réactif à la conjoncture et aux contraintes réglementaires

Le marché du deux-roues motorisé est très réactif à la conjoncture économique et aux contraintes réglementaires (évolution des permis de conduire, normes antipollution).   

Avec l’amélioration du contexte économique et l’augmentation des problèmes de congestion en zone urbaine, il repart à la hausse : outre les immatriculations de véhicules neufs, l’ensemble des dépenses liées à l’utilisation d’une moto (entretien-réparation, accessoires et équipements) augmentent.

Depuis 2014, on assiste à une véritable reprise de l’emploi. Les embauches concernent l’ensemble des métiers de ces entreprises et particulièrement : l’entretien et la réparation des deux-roues, la vente de véhicules et d’accessoires. 

 

Beaucoup d’alternance

Le secteur fait preuve d’un recours important à l’alternance : 10,5% des salariés sont en apprentissage, en contrat de professionnalisation ou en stage, c’est presque deux fois plus important que dans l’ensemble de la branche. (Source : INSEE DADS, 2016)

C’est également l’un des secteurs les plus jeunes de la branche avec un âge moyen de 37,5 ans contre 39,6 ans pour l’ensemble de la branche. (Source : IRPAUTO, 2018)

Plus de 3 900 personnes se forment dans la filière motocycle en 2018/2019. (Source: ANFA, SOFIA)

Les deux tiers des effectifs suivent une formation en lycée. Ces effectifs, sous statut scolaire, n’ont cessé de progresser ces dernières années. Depuis la rentrée 2014, parallèlement à l’embellie sur le marché et à la reprise de l’emploi dans le secteur, les effectifs en formation en alternance sont également repartis à la hausse. 

Les jeunes formés en apprentissage s’insèrent mieux que ceux formés sous statut scolaire, toutefois les lycéens s’insèrent relativement bien, souvent en dehors du secteur.

 

De moins en moins pour la voiture

D’après un sondage IFOP, les habitants des grandes agglomérations sont dans leur majorité favorables à la réduction de la place de l’automobile. Dans le même temps, la pratique du vélo et de la marche à pied a explosé.

Selon l’IFOP, l’enquête « témoigne d’une profonde modification des pratiques de mobilités chez les citadins. Poussés à la fois par une tendance de long terme d’abandon de la voiture mais surtout par les risques sur la santé de la crise du COVID-19, les citadins utilisent de moins en moins la voiture pour se rendre sur leur lieu de travail. »

Et d’ajouter : « Ils sont désormais moins d’un tiers à le faire (29%) contre 44% en 2015. En parallèle, la part du vélo dans les déplacements a progressé de 10 points ( 15%) en cinq ans, comme la part des déplacements à pied, qui ont gagné 6 points (17%). »

Les citadins sont fatigués des bouchons et donc majoritairement opposés aux mesures anti-stationnement comme la diminution des places où se garer en surface (74%) ou la hausse des tarifs de stationnement (77%).

En moyenne, un Français se déplace 10 heures par semaine et parcourt 400 km pour ses trajets domicile-travail, selon la dernière enquête nationale de mobilité réalisée par l’Association française pour la prévention de la pollution atmosphérique (AFPA).

Les déplacements se font pour l’essentiel en voiture individuelle (80%) : 55% des Français déclarent ne pas avoir le choix, ni les moyens d’utiliser un autre moyen de transport.

 

Source: INSEE

 

L’équipe Avisé

Sources :

lesechos.fr

caroom.fr

lifestyle.boursorama.com

 

Crédit photo : Pixabay