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Quelles évolutions pour l’après-vente automobile d’ici 2025 ?

Le marché automobile a entrepris une mue considérable qui va s’intensifier : véhicule électrique, évolution du mix énergétique, usage du véhicule qui devient autonome et/ou partagé, et ultra-connecté.

Le cabinet d’études Deloitte s’est projeté dans l’avenir et livre sa vision du marché automobile d’ici 2025 à  travers 8 éléments : connectivité, e-commerce, véhicule électrique, mobilité du futur, protection de l’environnement, nouvelles habitudes de consommation, impression 3D, blockchain.

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Des évolutions à travers 8 éléments

 

La connectivité

D’ici 2025, 100 % des voitures neuves vendues seront connectées et 47 % des véhicules en circulation seront connectés.

La connectivité recouvre une large palette de services dont le contrôle à distance, les rapports de diagnostics, l’assistance à la navigation, la connexion au smartphone, la proposition de contenu digital.

Pour les véhicules existants non-connectés, le rétrofit se développera, c’est-à-dire que des équipements seront ajoutés pour les rendre connectés. L’envie de connectivité des conducteurs se développant, nul doute que ce marché va croître.

Les perspectives de business liées aux véhicules connectés sont nombreuses. Citons la maintenance prédictive, la détection anticipée de défauts ou encore l’infotainment.

 

Le e-commerce 

En 2017, les pièces de rechange les plus achetées sur Internet étaient (dans l’ordre décroissant) :

  • les pneus
  • les équipements stéréo ou GPS
  • les équipements intérieurs tels que les housses
  • les produits d’entretiens
  • les équipements extérieurs, tels que les enjoliveurs.

La vente en ligne de pièces de rechange se fait :

  • en B2C (business to consumer, c’est-à-dire du professionnel au consommateur), notamment avec l’émergence ces dernières années du DIY (Do It Yourself, c’est-à-dire je fais moi-même) et du DIFM (Do It For Me, c’est-à-dire fais-le pour moi, confier la réalisation à un prestataire, par exemple la conciergerie automobile).

En 2022, la part de marché B2C en ligne des pièces de rechange automobiles atteindra les 20 %, avec une croissance estimée à 10-15 % par an sur le marché américain et en Europe de l’Ouest, selon une étude de Frost &Sullivan.

  • en B2B (business to business, c’est-à-dire du professionnel à un autre professionnel). Les ventes en ligne de pièces aux professionnels se sont développées et les acteurs se multiplient. Citons l’arrivée récente en France d’Amazon. Aux USA, Amazon  et eBay comptent à eux seuls 70 % des pièces de rechange vendues en ligne !

Toutefois, actuellement en France, si les prix sont plus intéressants en ligne, les services associés proposés aux professionnels restent à améliorer (livraisons plusieurs fois par jour, largeur et profondeur de gammes, hotline…). La bataille ne fait que commencer !

 

Le véhicule électrifié 

Le nombre de véhicules fonctionnant avec une technologie électrique va continuer de croître, qu’ils soient hybrides, fonctionnent avec une batterie électrique, pile à combustible ou soient des hybrides rechargeables. En 2020, 10 % des nouveaux véhicules vendus en Europe fonctionneront avec une technologie électrique, 27 % en 2025 et 46 % en 2030.

Cette croissance s’explique par la baisse des coûts, des incitations gouvernementales et de l’augmentation du nombre d’infrastructures de rechargement.

Pour les professionnels de l’entretien réparation automobile, ces évolutions sont synonymes d’investissements à engager pour accueillir les nouvelles motorisations et former les équipes.

L’impact sur les ateliers va au-delà de ces éléments : Deloitte précise que les véhicules électriques comprennent environ 30 % de pièces en moins que les véhicules à moteur à combustion interne, notamment de pièces d'usure avec des fréquences de remplacement différentes, pas d'embrayage, de boites de vitesses, de systèmes de dépollution…

Certains constructeurs automobiles ont déjà évalué un impact négatif lié aux véhicules électriques de 50 % à 70 % sur le panier moyen de dépense par an de leurs clients.

La diminution potentielle des pièces associées aux véhicules électriques sera compensée par la rétention client et les services additionnels, et l’augmentation en valeur du montant de la facturation liée aux réparations mécaniques.

 

La mobilité du futur

Les services partagés (covoiturage par ex.) et le développement rapide des technologies de conduite autonome pourraient progressivement remplacer les véhicules privés.

La mobilité partagée augmentera le taux d’utilisation global par véhicule, ce qui devrait augmenter le marché de la maintenance et des services.

En parallèle, le développement des véhicules autonomes devrait conduire à une baisse du nombre d’accidents de voitures. Cela aura alors un impact négatif sur le marché des pièces de rechange.

 

Des consommateurs aux habitudes de différentes

Les personnes nées depuis 1981, en particulier celles nées depuis 1995, « ont des habitudes de consommation différentes et s’interrogent sur le besoin ou non d’acquérir un véhicule selon le cabinet Deloitte. Malgré la tendance des utilisateurs à conserver leur véhicule de plus en plus longtemps, les visites clients en ateliers vont continuer à se réduire significativement. Une valeur ajoutée devra donc être trouvée ailleurs.

Cela pourrait se trouver dans l’enrichissement du catalogue, ce qui exigera une plus grande flexibilité et une meilleure performance de la logistique des pièces de rechange et des accessoires.

Globalement, en matière d’achat, les consommateurs attendent :

  • personnalisation : reconnaissance du consommateur et adaptation des interactions à ses préférences personnelles
  • omnicanalité : des interactions transparentes et contextuelles à travers les services digitaux et vers le monde physique
  • une «  expérience client » convaincante et unique, que ce soit avant, pendant ou après la vente
  • transparence, que ce soit durant les moments de vente, le prix, les engagements de l’entreprise, par exemple en matière de développement durable. »

 

Les politiques liées à la protection de l’environnement

Afin de réduire la pollution de l’air, la France s’est engagée à réduire les émissions de polluants issus notamment des transports (routiers, non routiers, maritimes…) en réglementant la qualité des carburants et combustibles et les émissions liés aux moteurs. De nombreuses villes ont mis en place un plan allant dans ce sens. Paris, par exemple, prévoit de se passer des carburants fossiles d’ici 2030.

Deloitte émet l’hypothèse :

  • « d’une baisse potentielle de la demande des pièces et des accessoires susceptibles de générer des émissions plus élevées : carrosserie, accessoires impactant les émissions de véhicule comme les barres d'attelage…
  • ainsi qu’une augmentation potentielle de la demande pour les pièces et les accessoires susceptibles de réduire les émissions : filtre à air, carrosserie légère… ».

 

L’impression 3D 

Egalement appelée fabrication additive, ce procédé de fabrication permet de « créer des objets en empilant des couches de matières (plastique, céramique, métal) à partir de modèles numériques » (source : BpiFrance).

Deloitte estime que « d’ici à 2030, 80 % des pièces de réparation et 60 % des pièces mécaniques pourront être imprimées en 3D

Cette technologie permet de personnaliser les réparations, les restaurations et les accessoires. »

 

La blockchain

Cette technologie est  « un mode d’enregistrement de données produites en continu, sous forme de blocs liés les uns aux autres, dans l'ordre chronologique de leur validation, chacun des blocs et leur séquence étant protégés contre toute modification. » (source : Légifrance) Ce registre est donc numérique mais aussi décentralisé, distribué, et surtout infalsifiable et sécurisé.

Cela permet ainsi d’améliorer :

  • la traçabilité, la vérification des pièces et l’émission de rappels plus ciblés
  • la gestion des programmes de fidélité, des courses partagées et des solutions de mobilité sur demande
  • les processus liés aux transactions et aux assurances.

 

Un plan stratégique pour accompagner la filière dans ses évolutions

En France, les recommandations formulées par le Comité stratégique de la filière automobile (CSFA), réuni le 22 mai 2018, vont dans le sens de ces évolutions. Ainsi, le plan stratégique 2018-2022 de la filière vise à :

  • multiplier par 5 le nombre de véhicules électrifiés d’ici fin 2022, ce qui signifie passer de 120 000 à 600 000 véhicules électriques dans le parc
  • développer le véhicule autonome
  • développer la filière française de l’hydrogène et développer ses usages en mobilité
  • alléger les véhicules pour répondre aux enjeux environnementaux
  • anticiper l’évolution des besoins en compétence et emplois en :
    • accompagnant les évolutions des compétences dans les services automobiles
    • développant le recours à l’apprentissage et à l’alternance, avec l’ambition d’accroître d’au moins 50 % d’ici fin 2022 le nombre d’apprentis ou de formation en alternance pour les salariés en reconversion (bac pro, BTS, ingénieurs) compte tenu de l’évolution des besoins en compétence.
    • ouvrant un portail de l’emploi des services de l’automobile en juillet 2018 et du campus des services de l’automobile en septembre à Guyancourt
    • créant un programme Compétence-emploi IV – « L’automobile, des métiers d’avenir, des entreprises qui recrutent » en faveur des entreprises de service
    • en expérimentant un Dispositif d’Anticipation Social et Territorial (DAST) en Auvergne Rhône-Alpes d’ici fin 2019. Un DAST est un dispositif concret d'accompagnement des entreprises et des institutions dans la gestion prévisionnelle de l'emploi sur leur territoire.

 

L’équipe Avisé

 

Sources : Après-Vente Auto, n°122, 04/2018

FNA, 22/05/2018

Deloitte, 04/2018

Ministère de la Transition écologique et solidaire, 14/05/2018

Pro L’argus, 29/05/2018

BpiFrance

Légifrance, 23/05/2017

Conseil national de l’industrie, 22/05/2018

Crédit photo : Pixabay