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Snacking et plats à emporter : place à la vaisselle et aux emballages biosourcés et biodégradables !

La 1ère édition du Sirha Green, salon consacré au développement durable dans la restauration, s’est tenue du 17 au 19 juin 2018, à Lyon. Au-delà des restaurants, le salon s’adressait également aux boulangeries, boucheries charcuteries et traiteurs ayant une offre snacking.

L’équipe d’Avisé était présente afin de repérer pour vous les grandes tendances. Un constat a particulièrement retenu notre attention : la présence de plusieurs entreprises de vaisselle jetable après utilisation, de contenants et d’emballages pour la nourriture (plats à emporter, snacking).

Les plastiques sont en effet dans le viseur des législateurs et des associations militant en faveur de la protection de l’environnement et des océans, en France comme à l’étranger.

 

Sachets et vaisselle jetable après utilisation en première ligne

Dans le cadre de la loi de transition énergétique, depuis le 1er janvier 2018, les sacs en plastique à usage unique doivent être composés à 40 % de matières biosourcées (ISO 16620-2) et compostables en compostage domestique (NF T51-800). Ces caractéristiques doivent être indiquées sur le sac.

C’est désormais au tour de la vaisselle jetable en plastique de se voir fixer un ultimatum. " A partir du 1er janvier 2020, gobelets, verres et assiettes jetables après utilisation seront interdits. Seule pourra être vendue ou distribuée gratuitement, en vente à emporter ou en consommation sur place, la vaisselle jetable compostable en compostage domestique et constituée pour tout ou partie de matières biosourcées. 

 

Biosourcée, biodégradable, compostable… qu’est-ce que cela signifie ?

  • Les produits biosourcés sont des produits industriels non alimentaires obtenus à partir de matières premières renouvelables issues de la biomasse (végétaux par exemple) telles que l'amidon de maïs, la fécule de pomme de terre, les fibres textiles ou de cellulose, ou encore le bambou. (source : ADEME)

La teneur en matière biosourcée de la vaisselle jetable compostable autorisée augmentera de façon progressive :

  • 50 % en janvier 2020
  • 60 % en janvier 2025. »
  • Un produit ou un emballage peut se revendiquer biodégradable s’il respecte des normes en vigueur, notamment la norme NF EN 13 432. Ces normes définissent les conditions dans lesquelles le produit peut effectivement se dégrader. Elles garantissent que le produit va se décomposer, sous l’action d’organismes vivants, en éléments divers dépourvus d’effet dommageable sur le milieu naturel.
  • Quant au compostage, ce procédé exploite la biodégradabilité des matières premières organiques pour les transformer en un produit final qui prend le nom de compost. On distingue 2 grands types de méthode de compostage : industriel et domestique. Dans le 1er type, les températures sont constantes, ce qui permet un compostage plus rapide qu’avec le compostage domestique. De plus, certaines matières qui se décomposent dans les installations de compostage industrielles ne se décomposent pas forcément dans le compost maison.

 

Parmi les exposants du salon Sirha Green 2018 figuraient plusieurs entreprises de vaisselle, contenants et emballages alimentaires. Ces derniers sont fabriqués à partir de matériaux biosourcés ou, à défaut, naturels, et certains sont biodégradables et compostables en compostage domestique. Certains répondent ainsi déjà à la future réglementation concernant la vaisselle jetable en plastique.

Les entreprises suivantes étaient présentes sur le salon :

 

  • Do Eat propose des emballages design et 100 % mangeables (ecomestibles). Ces emballages comestibles peuvent être personnalisés à l’aide d’encre végétale.

Les emballages Do Eat sont réalisés selon une recette à base d’eau et de fécule de pomme de terre et sont destinés à un usage immédiat. Même s’ils ne sont pas consommés, ils sont 100 % compostables et biodégradables.

Leur goût est neutre et ils peuvent donc être utilisés pour du salé ou du sucré.

Ils peuvent par ailleurs être utilisés pour des préparations froides ou chaudes. Passé au grill avec son contenu, l’emballage prend alors une texture croustillante.

La marque propose également des verrines et des barquettes. Elles peuvent accueillir des préparations froides ou chaudes, être passées au four, et accueillir des liquides pendant 4h pour les verrines (2h dans le cas de préparations très liquides) et 6h pour les barquettes. Ainsi, les verrines peuvent être utilisées comme moules pour des mini-cakes et les barquettes comme contenants pour de la glace, par exemple.

Plus d'informations sur Do Eat

 

  • Usobio propose des couverts, barquettes, gobelets, plateaux, bouteilles, bols, coupelles pour crèmes glacées, serviettes… biodégradables et compostables.

Ces ustensiles sont fabriqués à partir de matériaux labellisés OK compost conformes à la directive européenne de 2002 EN 13432 et sont ainsi présumés conformes aux exigences de la directive emballage 94/62/CE en ce qui concerne leur valorisation en fin de vie. Ces produits sont ainsi biodégradables et valorisables à 90 % en 6 mois dans des conditions de compostage industriel.

Les assiettes et les bols supportent des températures allant de -25°C à +225°C, les couverts supportent des températures allant jusque 80°C, les gobelets et verres de -45°C à +45°C, les assiettes en feuille de palmier de 0°C à 200°C, les pots de glace et petites cuillères à glace jusqu'à -45°C.

Plus d'informations sur Usubio

 

  • Ecozema : tous les produits de la ligne Ecozema sont fabriqués avec des matériaux qui garantissent leur biodégradabilité et leur compostabilité selon la norme EN 13432. Cela signifie que les produits d’Ecozma sont biodégradables à 90 %, en 6 mois, dans des conditions de compostage industriel.

L’entreprise propose des assiettes, couverts, touillettes, pailles, gobelets, coupes pour glace, bols, boites pour plats à emporter.

En fonction de la matière dont ils sont faits, les produits sont plus propices à une utilisation chaude ou froide, ou peuvent être utilisés dans un four micro-ondes et dans un four conventionnel :

  • Mater-Bi, Ingeo ™ (PLA), CPLA, pulpe de cellulose
  • les assiettes, bols et plateaux en pulpe de cellulose peuvent supporter des températures allant jusque 100°C et peuvent être utilisé aux fours à micro-ondes et conventionnel
  • les ustensiles en Mater-Bi résistent à une température maximum de 80°C
  • ceux en Ingeo™ (P.L.A.) à une température maximum de 45°C
  • en C.P.L.A jusqu’à 85°C
  • Carton + Mater-Bi® jusqu’à une température maximum de 70°C.

Plus d'informations sur Ecozema

 

  • Solia, qui propose :
  • des verrines bambou et Jongues, qui supportent des températures allant de -4°C à +70°C, et sont biodégradables et compostables
  • des verrines vaisselle en thermo palmier, supportant des températures allant de -20°C à +200°C, et sont biodégradables et compostables
  • des couverts en CPLA (hydrates de carbones de céréales -maïs- ou fécules, acide polylactique), supportant des températures allant de -18°C à +80°C, et sont biodégradables, compostables et recyclables
  • des barquettes en bois, supportant des températures allant de -40°C à +220°C, et sont biodégradables et compostables
  • des bols et des assiettes en pulpe de canne, un matériau issu des rebus de l’utilisation de la canne après extraction des sucs. Ils supportent des températures allant de -12°C à +175°C, et sont biodégradables et compostables

Les couvercles, compatibles micro-ondes, sont toutefois en PP (polypropylène).

 

  • Design en bouche by Belix. La collection "ECO responsable" comprend des emballages à base de matériaux 100 % naturel :
  • des assiettes et raviers en pulpe de canne à sucre. Ces  de 120°C et peuvent être passés au four ou au four à micro-ondes. Ces produits sont biodégradables et compostables.
  • des barquettes, cônes, gobelets, raviers et couverts en bois, à partir de bois FSC. Ces produits supportent une température maximum de 180°C et sont compostables.
  • des sticks pour brochettes, couverts et supports pour cônes en bambou qui sont compostables. Les supports pour brochettes supportent une température maximum de 180°C  et minimum de – 10°C, les couverts et assiettes  maximum + 60°C minimum – 10°C,
  • des pochettes en papier, recyclables et biodégradables (mais pas compostables) qui supportent une température maximum de 100°C.

Plus d'informations sur Belix

 

  • Garcia de pou propose une gamme de produits appelée Feel Green, dont les matières premières sont recyclées et choisies pour leur impact nocif minime pour le climat. Ils sont 100 % recyclables et biodégradables et peuvent recevoir un imprimé.

Parmi les produits de la gamme figurent : sachets de boulangerie pour pain, sandwich, croissant ou frites, barquettes, essuie-mains, sacs, cornets pour les frites, boite repas à emporter, pots à pâtes, porte-crêpes, pots à glace, assiettes, boites à sandwich, gobelets, dessous de verre, rince-doigts.

La marque indique que la plupart des produits de la gamme Feel Green, ainsi que les encres, sont conformes à la directive européenne EN 13432.

Plus d'informations sur Gardia de Pou 

 

Des labels pour les bio-plastiques

Il n’est pas évident de s’y retrouver et de distinguer les produits répondant à la future législation. Les industriels et organismes du bio-plastique ont créés des labels dans cette optique :

  • « label OK compost : certifie la conformité des bioplastiques à la norme européenne EN 13432 qui atteste de la biodégradabilité des produits de 90 % en 6 mois dans des conditions de compostage industriel, c’est-à-dire à des températures de 55 à 60°C
  • labels "seedling" compostable et "DIN-Geprüft Industrial Compostable" : présents sur certains produits en bioplastiques, ils sont équivalents au label OK compost et certifient la conformité des bioplastiques à la norme européenne EN13432 qui atteste de la biodégradabilité des produits à 90 % en 6 mois dans des conditions de compostage industriel.
  • label OK compost Home : il identifie les bioplastiques compostables dans des conditions de compostage à la maison, c’est-à-dire à des températures inférieures à celles du compostage industriel. Les matières qui se décomposent dans les installations de compostage industrielles ne se décomposent pas forcement dans le compost maison.
  • label OK Biobased : il certifie la teneur en carbone biosourcé des matériaux et produits en bioplastique. Cette certification s'appuie sur la méthode C14 qui mesure la teneur en carbone d'origine biologique comme un pourcentage du carbone total contenu dans le produit ou le matériau. Cette méthode est décrite par les normes internationales CEN / TS 16137 et ASTM 6866. »

Pour en savoir plus : Club bio-plastiques

 

Pailles et bouteilles en plastique également dans le viseur

Les pailles en plastique semblent également être appelées à disparaitre, même si elles ne sont pas concernées par la loi relative à la transition énergétique (LTE) pour la croissance verte. Les initiatives se multiplient :

  • Starbucks a annoncé, début juillet 2018, la suppression des pailles en plastique dans ses établissements d’ici 2 ans
  • la ville américaine de Seattle interdit la distribution de pailles en plastique dans les restaurants et cafés depuis le 1er juillet 2018, sous peine d'amende
  • McDonald’s teste depuis mai 2018 des pailles en papier
  • en France, l’association Bas les pailles réclame au Gouvernement l’interdiction des pailles en plastique.

Selon une étude du cabinet Eunomia, 8,8 millions de pailles en plastique sont utilisées chaque jour dans la restauration rapide en France. Or, 450 ans sont nécessaires pour qu’une paille en plastique se désagrège.

Des alternatives existent aux pailles en plastique. Citons PopStraw, une paille en plastique végétal à base de maïs, compostable et résistante à 50°C max, qui se désagrège en 6 à 9 mois. Cocorico, ce produit est français : il a été développé par des lycéens du lycée Kléber de Strasbourg.

 

D'autres initiatives concernent les bouteilles en plastique :

  • « Coca-Cola s’est engagé à intégrer 50 % de plastique recyclé dans ses bouteilles d’ici 2020
  • Saltwater Brewery, une microbrasserie de Floride, proposera des anneaux faits de résidus de la fabrication de bière - blé et orge - pour se substituer au traditionnel plastique qui tient les canettes de bière entre elles. »

 

Des consommateurs et un contexte législatif qui évoluent  

Ce salon a lieu dans un contexte où tout nous encourage à mieux produire, mieux recycler et mieux consommer.

Cela se traduit dans le droit français avec la loi relative à la transition énergétique (LTE) pour la croissance verte ou la récente feuille de route économie circulaire.

Les consommateurs sont de plus en plus concernés par les impacts sociaux et environnementaux de leur consommation alimentaire. Une fabrication dans le respect de l’environnement, des produits locaux, qui rémunèrent correctement les producteurs, en circuit court, voire bio ou équitables, recyclables… ces éléments sont devenus des critères d’achat.

Comme le rappelle une étude de l’ADEME, « l’intérêt des consommateurs à l’égard des biens éthiques amène une part importante d’entre eux à envisager de payer plus cher pour obtenir des produits respectueux de l’environnement, du bien-être animal (67 %) et issus du commerce équitable (56 %). 

Au-delà de cette tendance, une typologie élaborée par le ministère de l’Environnement en 2017 montre que la sensibilité à l’environnement diffère selon les personnes : d’un côté les écoengagés (24 % de la population), très préoccupés et impliqués, à l’opposé les éco-sceptiques (14 %), dubitatifs ou indifférents.

La majorité des personnes a une sensibilité intermédiaire : les éco-indécis (25 %), semi-soucieux et semi-impliqués, les éco-hypermétropes (22 %), plus inquiets pour la planète que pour leur environnement direct, et les éco-spectateurs (15 %), préoccupés mais perplexes quant à leur capacité d’action.

Fait notable, cette étude conclut que la sensibilité environnementale est plus déterminante que le revenu dans le consentement à payer plus pour des produits plus respectueux de l’environnement. »

 

 

A l’occasion de cette 1ère édition du Sirha Green, l’équipe d’Avisé a également constaté la multiplication de labels anti-gaspi. Nous reviendrons dessus dans un prochain article.

 

 

L’équipe Avisé

 

Sources : Ministère de l’Economie, des Finances, de l’Action et des Comptes publics, 12/09/2016

Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de la mer, 2009

Usobio

Ecozema, 05/2018

Ecozema

Solia

Belix

Garcia de Pou

Club des Bio-plastiques

Bas les pailles

Consoglobe, 01/06/2018

Les Echos, 02/05/2018

Libération, 06/07/2018

Themavision, 12/06/2018

ADEME, 04/2018

 

Crédit photo : Avisé

 

Article mis à jour le 27/07/2018