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Tendance : des distributeurs automatiques dans les villages

Marché de niche mais en développement, les distributeurs automatiques s’installent dans les campagnes et constituent une réponse aux codes de consommation en pleine mouvance. Ils s’inscrivent dans la logique des circuits courts qui rencontrent de plus en plus de succès auprès des consommateurs et des artisans.

 

Nouvelles attentes

Répondant à de nouvelles attentes économiques et sociétales, les distributeurs automatiques constituent un marché de niche qui se déploie notamment dans les campagnes. Ils permettent d’apporter des produits locaux de qualité et soumis aux mêmes contraintes sanitaires que ceux des autres modes de distribution.

Les distributeurs automatiques participent au développement des circuits courts. Installés près des exploitations, au centre d’un village et même en ville, les casiers automatiques permettent de s’approvisionner en viande, pain, fleurs, fruits, légumes, œufs, huitres, produits laitiers ou produits d’épicerie, 24H /24 et 7j/7, y compris les jours fériés.

Faciles d’utilisation, ils sont réapprovisionnés plusieurs fois par jour. Il est possible de payer en cash ou par carte bancaire. Pour les artisans et producteurs, ils constituent un nouveau canal de distribution sans intermédiaire, qui permet de mieux gérer leurs prix de vente et d’écouler des produits supplémentaires. En même temps, ils correspondent à l’attente des consommateurs en matière de produits frais et de produits du terroir.

 

Redynamiser les centres villages

Le Casier Français (AST International) propose aux artisans et producteurs un distributeur connecté et entièrement modulable, relié à une plateforme de marché pour gérer les produits. Présentée au Salon de l’Agriculture et au SIVAL d’Angers, la gamme lancée il y a un peu plus de deux ans, commence à se déployer sur le marché national avec déjà une trentaine de machines installées sur le territoire : à Montpellier, en Alsace, dans la région parisienne et aussi en Auvergne Rhône-Alpes, près de Romans-sur-Isère.

« 90% des distributeurs que nous installons ont vocation à redynamiser les centres villages ou les campagnes, car ils offrent une solution intermédiaire quand il n’y pas plus de magasin » explique Manuel Moutier, P-dg de l’entreprise nordiste. Pour une centaine de casiers, une borne de paiement et une solution connectée, il faut compter pour l’exploitant un investissement de l’ordre de 35 000 à 40 000 euros HT. « L’idée est d’aider des artisans et des producteurs à se fédérer autour d’un même distributeur automatique. Cela permet d’offrir localement des solutions et de proposer une réponse à des codes de consommation en pleine mouvance ».

Comptant actuellement une vingtaine de salariés la PME conçoit et assemble entièrement ses appareils en France. Son département informatique et automatisme développe complètement les applications spécifiques aux distributeurs automatiques en fonction du cahier des charges des clients. « Grâce à nos machines totalement connectées, les professionnels peuvent continuer à faire leur métier. Ils assurent le réassortiment au fur et à mesure des besoins ».

 

De la viande et des produits frais

Séduite par le procédé développé par le Casier Français, la Boucherie des Gourmets à Eperlecques dans le Pas de Calais a choisi d’investir dans deux modules, l’un de 21 casiers, l’autre de 28 en vue de proposer des produits frais en dépannage à des clients de passage. Les machines sont installées à Serques, à 3 km, aux côtés d’autres distributeurs (légumes, pizzas, sandwicherie).

« Nous allons proposer du jambon ou des saucisses sous vide, de la viande en petite quantité (steaks et steaks hachés) ou encore des plats préparés » explique Mme Dumont, responsable du magasin. « Les casiers sont installés sur un axe routier passant, et à proximité d’un camping, ce qui devrait générer une clientèle plus importante pour notre boucherie dès cet été ».  Entre le matériel et l’infrastructure, l’artisan a investi quelque 40 000 euros dans l’opération.

Dans la Drôme, Pascale et Bernard Vossier, agriculteurs à Granges-les-Beaumont ont également sauté le pas. Exploitants un stand de fruits et légumes en bord de route, le couple a opté pour deux modules de 21 et 15 casiers, bientôt complété, au vu du succès rencontré, par un troisième élément de 21 autres casiers. De quoi proposer toute l’année, des fruits, des légumes, des œufs .

« Les casiers fonctionnent 7J/7 et prennent le relais le soir à partir de 19 heures. Ils sont réapprovisionnés plusieurs fois par jour. Ce sont des appareils dans l’air du temps, qui nous apportent un complément d’activité et permettent de maintenir une clientèle qui revient régulièrement sur place » expliquent leurs propriétaires.

Ils ont investi 30 000 euros dans le matériel et son installation mais sont convaincus du bien-fondé de leur choix : « Les gens sont à la recherche d’une agriculture saine et pérenne, c’est pourquoi nos productions sont en voie de conversion Haute Valeur Environnementale (HVE). Il n’y pas de transport, les produits seront vendus à terme dans des barquettes en carton et je réapprovisionne les casiers en voiturette électrique ! » précise Pascale Vossier.

 

Des épiceries automatiques dans les campagnes

Autre expérience, qui se développe cette fois dans l’Eure, « Boutiques de mon village » veut proposer des épiceries automatiques dans les communes rurales.  « Une première boutique pilote sera mise en place au cours de l’été 2020. Nous allons tester si elle répond bien aux besoins de la population rurale avant d’en ouvrir deux autres » explique son concepteur Niels Julien-Saint-Amand. Ce projet s’appuie sur la présence d’une personne qui a un accès difficile à l’emploi ou celle d’un retraité, qui l’un et l’autre viendront remplir le stock au fur et à mesure de son utilisation.

En pratique, ces boutiques sont des distributeurs accessibles à n’importe quelle heure, dans lesquelles sont vendus des produits locaux et des produits d’épicerie. « L’objectif est de constituer un pôle de vie dans les communes rurales en agrégeant les compétences des artisans. Il s’agit de venir en complément là où il n’y plus de commerces ». Une quinzaine de villages des Yvelines, de l’Eure et de l’Eure et Loire ont déjà été approchés, avec, à terme, l’ambition d’un développement au niveau national.

 

MaBaguette: un outil de plus pour les artisans boulangers

Créée depuis 12 ans, la société MaBaguette est un fabricant de distributeurs automatiques de baguettes, implanté à Tiercé dans le Maine-et-Loire. Aujourd’hui, la Sarl attenante à l’atelier de tolerie qu’elle fait travailler, se targue d’avoir vendu 1200 machines en France.

La gamme compte trois modèles de distributeurs d’un coût unitaire allant de 8900 à 12 500 euros HT : l’un distribue 60 baguettes, l’autre 120 baguettes et un troisième modèle permet la délivrance de doubles produits (baguette moulée et baguette tradition). Le client final peut payer en monnaie ou par carte bancaire sans contact.

« Nous répondons à un besoin alors que la désertification commerciale des campagnes et des périphéries urbaines s’est accentuée » explique Franck Auréal, dirigeant de la société. « MaBaguette est un concept spécialement conçu en direction des artisans-boulangers et de la valorisation de leur savoir-faire ». Cela leur permet d’augmenter leur chiffre d’affaires tout en proposant un service de proximité instantané et accessible 24h/24 et, si besoin 7 jours sur 7.

La société, qui emploie 39 personnes dont 10 pour MaBaguette, prévoit d’assembler et vendre entre 200 et 240 machines par an.  Si elle est active principalement dans l’ouest de la France depuis dix ans, elle se déploie désormais aussi à l’est, dans le centre et le grand sud-est. En Auvergne-Rhône-Alpes, où elle est présente depuis moins longtemps, elle a notamment équipé une boulangerie artisanale en Haute-Savoie.

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

centre-presse.fr

business.lesechos.fr

 

Crédit photo : Le Casier Français