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Bâtiment : la relance menacée

La Fédération Française du Bâtiment vient de dresser un bilan à mi-exercice pour 2021. Elle estime que « la relance est menacée » notamment par la pénurie de matériaux et l’explosion des prix qu’elle engendre. La refonte de la DFS est aussi un obstacle.

 

Succès de MaPrimeRenov’

Dans la construction, le début d’année 2021 s’est traduite par une hausse du volume du chiffre d’affaires de 10% pour le segment de l’amélioration-entretien, porté notamment par le succès indéniable de MaPrimeRénov’ et sans doute aussi par l’effet du volume record des transactions dans l’ancien (près de 1,1 million de logements vendus sur 12 mois à fin mars). Autre facteur intervenu : les travaux provoqués par les phases de confinement et de télétravail des derniers mois.

Dans le neuf en revanche, la situation n’est pas la même. Côté logement, l’individuel accélère très nettement : les mises en chantier et permis progressent de 5% et 15% au premier quadrimestre 2021 alors que les ventes dans le diffus s’affichent à + 17%.

« La machine est donc relancée même si l’on ne peut exclure une double anticipation derrière cette montée en régime : celle de la transformation des recommandations du Haut conseil de stabilité financière (HCSF) en règlementation début juillet pour les accords de prêts, et celle de la RE 2020 pour les permis signés à compter du 1er janvier 2O22 » indique la FFB.

 

Effondrement des permis dans le collectif

Dans le collectif, la tendance est moins positive. D’un côté, les mises en chantier ont progressé d’environ 4% au 1er trimestre 2021 par rapport au 1er quadrimestre 20219, mais de l’autre, les permis se sont effondrés de 10%, pendant que les ventes et mises en ventes des promoteurs ont marqué le pas, respectivement de -4% et -9% entre les premiers trimestres 2019 et 2021.

Le choc est plus violent encore, note la FFB, pour le non résidentiel neuf. Les surfaces commencées et les surfaces autorisées se replient respectivement de 16% et 22% en comparaison aux quatre premiers mois de l’année 2019 : tous les segments sont impactés y compris la commande publique.

« Au global, le neuf pèse donc bien sur la relance et en retarde les effets », juge la FFB ; C’est même la principale cause de la révision à la baisse du PIB par l’Insee au 1er trimestre 2021.

 

Emploi et carnets de commandes à la hausse

Pour autant les carnets de commandes ont atteint des niveaux records toutes tailles d’entreprises confondues. Et cela vaut aussi pour l’emploi : le bâtiment affiche, à fin mars 2021, quelque 48 000 postes de plus qu’au 1er trimestre 2020 (y compris intérim en ETP) et les perspectives d’embauche restent bien orientées.

L’apprentissage a enregistré une croissance de 10% avec une demande qui continue encore de croître. Sur l’ensemble de l’exercice, le bâtiment table sur 60 000 supplémentaires, en dépit des difficultés de recrutement qui demeurent.

Reste que pour l’heure, malgré ces bons indicateurs, les trésoreries des entreprises ne s’améliorent pas : elles restent inférieures de 4,2 points de pourcentage par rapport à leur niveau d’avant crise. Ceci du fait de la reprise de l’emploi dans la construction mais aussi de la crise des matériaux.

 

Impact de la crise des matériaux

 Le choc sur les matériaux n’a fait que s’amplifier depuis les premières alertes en février. L’Insee elle-même confirme la hausse des prix. Dans ce contexte, de plus en plus de professionnels dénoncent des contrats signés car la perte qu’ils subiraient en réalisant le chantier sans révision de prix s’avérerait plus forte que la pénalité qu’ils encourent en y renonçant.

La FFB relève que d’autres entreprises mettent des salariés en congés ou en activité partielle, faute de matériaux pour réaliser les chantiers. Les tensions existent dans la plupart des métiers et sur tout le territoire, menaçant ainsi l’amorce de relance constatée. Elle demande, pour passer cette crise, que les pénalités de retard sur tous les marchés (publics comme privés) soient gelées ainsi qu’un accompagnement plus fort par les fournisseurs afin de partager le risque et le choc des marges.

 

La DFS  en question

Par ailleurs, le secteur s’inquiète d’une « nouvelle attaque » menée par les pouvoirs publics à l’encontre de la Déduction forfaitaire spécifique (DFS). Il s’agit d’un abattement de 10% de l’assiette des cotisations de Sécurité sociale pour les employeurs et les salariés en contrepartie des frais supplémentaires liés à la mobilité de leur lieu de travail. Pour l’heure elle bénéficie à 45% d’ouvriers, 10% d’Etam et 5% des cadres du bâtiment.

Le Gouvernement a déjà envisagé de la supprimer en 2019, entendant ainsi récupérer près d’un milliard d’euros auprès des entreprises et de leurs salariés. La mise en ligne, le 1er avril 2021, du Bulletin officiel de la Sécurité sociale, qui répertorie toute la doctrine administrative en matière de cotisations sociales, remet en cause plusieurs curseurs concernant la DFS. Celle-ci devient beaucoup plus complexe à mettre en oeuvre, ce qui impliquera que de nombreuses entreprises y renonceront. La FFB demande donc aux pouvoirs publics de conserver le mode de calcul qui prévalait jusqu’alors.

 

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L’équipe Avisé

 

Sources :

batiactu.com

lefigaro.fr

 

Crédit photo : Pixabay