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Belle performance pour l’industrie nautique

Le nautisme connaît des vents favorables depuis plusieurs années et maintient son cap vers la croissance, retrouvée depuis la crise de 2008. Ainsi, 70 % des entreprises interrogées par la Fédération des industries nautiques (FIN) annoncent leur volonté de recruter. Une dynamique qui profite aussi aux artisans.

 

L’industrie et les services nautiques affichent pour 2018 un chiffre d’affaires en croissance de 5 % à 5,09 milliards d’euros. « Il s’agit de la meilleure performance depuis la crise de 2008. Cette progression provient principalement des exportations dont le taux a atteint en 2018, 76,4 % de la production » explique Yves Lyon-Caen, président de la FIN. « Cette dynamique devrait également se confirmer pour l’année 2019. C’est une bonne nouvelle pour l’ensemble du secteur nautique, mais nous restons toutefois vigilants en raison des incertitudes qui pèsent sur le plan international ».

 

Source: FIN

« Les exportations progressent un peu chaque année car le marché français n’est pas très tonique alors que le marché international est dynamique », analyse Yves Lyon-Caen. Mais en 2020, la croissance pourrait ralentir, freinée par le recul des ventes en Amérique du Nord et au Royaume-Uni sous l’effet du Brexit.

 

Effectifs en nette progression

En France, les effectifs ont atteint 42 930 salariés (emplois directs) et la progression, qui s’est poursuivie en 2019 avec 44 000 personnes (hors intérim), devrait encore se prolonger en 2020. En effet, 70 % des entreprises interrogées lors d’une enquête de la FIN, souhaitent recruter à court terme pour trois raisons principales :

  • L’augmentation de la production
  • Les départs à la retraite (notamment dans la construction)
  • Le lancement de nouvelles activités

 

« Depuis deux ans, la création d’emploi dans l’industrie nautique se poursuit au rythme annuel d’environ un millier de postes, dont plus de la moitié à durée indéterminée. Aujourd’hui, les entreprises font face à une insuffisance de ressources humaines et cherchent de nouveaux moyens pour attirer des candidats qualifiés » indique la FIN.

 

Plusieurs chantiers lancés

Plusieurs chantiers ont ainsi été lancés :

  • La réforme de la convention collective pour renforcer l’attractivité des métiers de la branche
  • La réforme des formations pour mieux coller aux attentes des entreprises et la création d’une formation initiale construction nautique
  • L’adaptation des 12 CQP (certificats de qualification professionnelle) de la branche aux besoins des entreprises et une nouvelle dynamique autour des différents « Campus du nautisme ».

Selon Yves Lyon-Caen, les études menées actuellement dans les régions montrent que le secteur est porteur de 140 000 emplois directs et indirects. « Réformer notre convention collective, moderniser nos formations, donner de l’attractivité à nos métiers et aussi mieux faire savoir que des débouchés sont possibles au sein de nos entreprises, mobilisent notre énergie ».

 

Enjeu écologique

Un autre grand défi préoccupe l’ensemble de la filière nautique, c’est la réussite de la transition écologique. Elle travaille donc en collaboration avec les industries de la plasturgie et de la chimie sur les résines et les fibres, afin de définir quels matériaux seront utilisés dans cinq ou dix ans, pour s’intégrer au mieux dans l’économie circulaire.

En attendant, la FIN a lancé le vaste chantier de la déconstruction des navires, avec pour objectif le démantèlement de 20 à 25 0000 bateaux dans les cinq prochaines années, dont 2100 bateaux en 2020.

La filière s’organise pour trouver des solutions et retraiter les matériaux. Le broyat de polyester peut être utilisé dans les opérations de rotomoulage et dans la composition de peinture. Quant aux  résidus polyester, ils ont des qualités d’élasticité et d’imperméabilité. La plaisance, qui utilise le même polyester que l’aéronautique et l’éolien, discute avec ces secteurs pour favoriser une économie circulaire. Il s’agit pour 2021-2022 de trouver des débouchés en structurant le retraitement.

Par ailleurs, la FIN réfléchit à l’utilisation de nouveaux matériaux, respectueux de l’environnement tels qu’une résine d’origine végétale, qui reste pour l’heure 4 à 5 fois plus chère que celles issues du pétrole. Pour rappel, à fin décembre 2019, 29 sites de traitement ont déjà été créés sur le territoire.

Lire aussi : La filière nautique remet le cap sur la croissance

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

usinenouvelle.com

ouest-france.fr

 

Crédit photo : Jean-Marie Liot