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Le Conseil National du Cuir livre ses nouveaux engagements

Le Conseil National du Cuir, qui réunit 21 fédérations de l’amont à l’aval, vient d’éditer un nouveau livre blanc livrant ses nouveaux engagements en matière de gestion des risques, de bonnes pratiques, d’économie circulaire et d’amélioration de l’attractivité de la filière.

« Après une année extrêmement difficile sur tous les plans, la filière cuir a plutôt bien résisté et les grandes maisons de luxe, étendard de la France à l’export, profitent à plein du rebond asiatique » a expliqué devant la presse Frank Boehly, président du CNC.

 

Un recul dans tous les métiers

Le Conseil National du Cuir (CNC), qui réunit 21 fédérations de l’amont à l’aval, pèse 25 milliards d’euros de chiffre d’affaires dont 13 milliards à l’export. Le secteur regroupe 12800 entreprises, dont 80% de TPE et PME, et emploie 133 000 salariés dans des activités essentiellement artisanales, celles de « petites mains », a rappelé le président du CNC.

L’année 2020, au départ pourtant bien orientée, s’est achevée sur un recul de - 22% du chiffre d’affaires de la tannerie-mégisserie, de - 25% pour la fabrication de chaussures, de - 15% pour la fabrication de maroquinerie et de - 25% pour la distribution d’articles en cuir. Soit une baisse de -18% pour l’ensemble du secteur. « Nous tablons sur une baisse d’activité de -10 à -15% en 2021 par rapport à 2019, année de référence ».

 

Engagée et responsable

En dépit de contexte difficile, la filière du cuir, tournée vers les démarches de Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) se veut toujours plus éthique et responsable. Ses prises de position engagées sont déclinées dans la nouvelle édition du livre blanc intitulé « la Filière française du cuir montre sa capacité d’engagement et d’innovation dans la RSE ».

Celui-ci actualise et décline 4 grands thèmes :

  • Apprendre à mieux gérer les risques pour mieux servir les enjeux RSE
  • Partager et diffuser les bonnes pratiques
  • Favoriser l’économie circulaire
  • Développer la filière en renforçant l’attractivité des métiers et des territoires

Lire aussi: RSE : la filière cuir assume ses responsabilités

 

Mieux gérer les risques

L’industrie du cuir est engagée en France en faveur d’un environnement protégé tant au niveau de l’épuration de l’eau, que de la protection de l’air et de la réduction et la valorisation des déchets. La tannerie-mégisserie s’emploie ainsi à mettre en place le principe de l’upcycling (qui permet de valoriser des objets ou produits usagés en leur donnant une nouvelle vie plus qualitative) et travaille à une réutilisation, un recyclage ou une valorisation des déchets. La traçabilité des peaux sera encore étendue en 2021 (vers 100% de traçabilité transparente contre 70% en 2020).

Il s’agit aussi de lever les risques pour l’environnement en luttant contre les substances toxiques : la chimie est en effet au cœur des activités de transformation de la filière française du cuir, dans leur utilisation directe ou à travers des produits comme les colles ou les solvants. L’enjeu est d’éviter l’utilisation de substances dangereuses mais aussi de connaître tous les critères de conditions de stockage, de gestion des quantités, de manipulation, de risques de pollution…

 

Partager et diffuser les bonnes pratiques

La tannerie mégisserie est de longue date une activité de recyclage et de valorisation de milliers de tonnes de peaux, générées au quotidien par l’abattage des animaux destinés à la consommation de viande. La sécurité chimique du cuir français et l’une des priorités des professionnels de l’Hexagone, avec la mise en place de bonnes pratiques au niveau des achats comme des procédés de fabrication.

Les déchets sont triés, valorisés et de plus en plus éliminés, et l’eau est protégée grâce à des réseaux séparatifs et des traitements adaptés. La bientraitance animale a également pris un relief particulier ces dernières années. Les professionnels ont aujourd’hui besoin de mieux faire connaître les pratiques et les innovations dans ce domaine car ils doivent faire face aux réactions des consommateurs qui s’intéressent de plus en plus au contenu éthique des produits qu’ils achètent.

La filière doit également défendre l’appellation cuir au regard des différentes appellations qui développent de manière abusive ou de la contrefaçon qui sévit autour des marques de luxe. De plus en plus d’appellations « cuir » sont issues d’amalgames végétaux ou de matières synthétiques. Les efforts pour faire reconnaître le mot « cuir » en Europe se poursuivent toujours.

 

Favoriser l’économie circulaire

Le cuir est lui-même une matière recyclée : il faudrait à défaut de l’utiliser, mettre en décharge 7 millions de tonnes de peaux dans le monde chaque année. C’est un coproduit issu de l’élevage du bétail. Le développement d’une économie circulaire du cuir conduit aussi à développer la seconde main et la revalorisation des produits finis existants.

Les consommateurs ont en effet envie de consommer autrement. Le cuir réputé pour sa qualité et sa solidité devrait donc favoriser l’upcycling, notamment dans le secteur de la chaussure. La création de plateformes de seconde main, telles que Vestiaire Collective, a élargi la typologie des clients au-delà des jeunes générations, plus favorables à l’usage qu’à la possession. Des clients sont aussi attirés par le prix des produits de seconde main, d’autres sont à la recherche de produits « vintage ». Un des enjeux de la filière est de créer une mode alternative au service de l’économie circulaire.

 

Vers plus d’attractivité

Produit ancien reposant sur des traditions et des savoir-faire artisanaux d’excellence, le cuir et ses métiers souffrent pourtant d’un manque d’attractivité auprès des jeunes. Ceux qui s’y intéressent en revanche contribuent aux changements désirés pour l’environnement, la qualité de travail, la recherche de sens dans l’exercice de leur métier, l’innovation technologique. Il s’agit donc pour la filière de mieux communiquer sur ses engagements RSE et d’innover pour attirer de nouveaux salariés vers ses métiers.

La grande majorité des entreprises sont encore installées en milieu rural. Cet ancrage territorial est aussi un moyen d’accompagner les changements autour des métiers et de maintenir des savoir-faire de qualité dans les régions. Nombre d’entreprises de la filière sont classées Entreprises du Patrimoine Vivant (EPV).

Depuis dix ans, par exemple, la maison Hermès crée de nouvelles manufactures régionales en travaillant avec tous les partenaires locaux dont Pôle Emploi pour reprendre des friches industrielles au cœur des villes. Ainsi, 21 manufactures existent aujourd’hui dont 9 créées depuis 2010.

La filière française du cuir est portée par le succès mondial des grandes marques de maroquinerie françaises de luxe. Les grandes maisons s’emploient à conserver les savoir-faire français et recherchent une main d’œuvre qualifiée pour un travail minutieux.

Mais les besoins de recrutement sont loin d’être satisfaits dans des métiers comme la ganterie ou bien encore pour les métiers de piqueur pour l’industrie de la maroquinerie et de la chaussure, de monteur, de formier. Le recrutement reste une source de préoccupation pour beaucoup d’entreprises.

Lire aussi : Ganterie : un secteur qui garde la main

L’ancrage territorial permet le développement de la formation et participe à la professionnalisation des métiers en lien avec les évolutions du marché. Reste que face à la rapide internationalisation du secteur et au manque d’attrait pour les métiers artisanaux, la filière française du cuir doit s’organiser pour former de nouveaux entrants, des jeunes en formation ou des personnes en reconversion.

 

L’équipe Avisé

 

Source : Conseil National du Cuir

 

Crédit photo : Philémon d’Andurain