Avisé, s'informer pour réussir

site d'informations stratégiques
du réseau des chambres de métiers et de l'artisanat d'Auvergne-Rhône-Alpes

Vous êtes ici

Le jouet fait grise mine en 2018 mais garde le moral pour 2019

01/02/2019

Le marché du jouet a terminé 2018 sur de mauvais résultats : il affiche une baisse de 5 % selon le panéliste NPD Group.

« Dans un contexte de produits saisonniers qui ont souffert, la Fédération française des industries du jouet et de la puériculture (FJP) estime que les blocages des Gilets jaunes, intervenus les week-end de novembre et décembre, ont fortement ralenti la consommation et perturbé la logistique toujours très tendue de la saison pour environ 2 % sur le recul du marché » explique le syndicat professionnel. « Le commerce Online qui représente désormais 30 % des achats consommateurs (estimation totale 2018) n’a pas compensé les ventes non réalisées dans le commerce physique ».

Selon NPD, l’e-commerce a crû de 4 % au cours de l’année 2018, pas assez donc pour compenser la chute des hypers/supers(- 6 %) et des spécialistes (- 8 %).

 

Redressements judiciaires

Le secteur du jouet avait déjà abordé le 4ème trimestre 2018 avec un recul de 2 % à fin septembre 2018 et les professionnels espéraient que la saison de fin d’année, qui représente 56 % des ventes auprès des consommateurs, permettrait de redresser la situation. Ce qui n’a donc pas été le cas.

Il est vrai que la première partie de l’exercice avait été perturbée par la mise en redressement judiciaire de deux enseignes leaders du commerce spécialisé – La Grande Récré et Toys’R’Us – toutes deux reprises en octobre dernier, mais après la fermeture de nombreux points de vente. Ainsi, NPD a recensé 11 % de magasins spécialistes en moins entre le début et la fin de l’année 2018.

 

Baisse structurelle de la natalité

D’autres facteurs ont également pesé sur le marché dont la baisse structurelle et continue de la natalité enregistrée depuis 2014. On a comptabilisé en 2017 quelque 50 000 naissances de moins qu’en 2014. 2018 a confirmé cette tendance pour la 4ème année consécutive, avec un recul de - 1,5 %, soit 12 0000 naissances de moins qu’en 2017.

Par ailleurs pour la deuxième année consécutive, le marché a dû faire face au succès des consoles de jeux vidéo à destination des familles, en particulier à celui de la Nintendo Switch, qui cannibalise une partie des achats depuis son lancement en 2017.

Enfin, la FJP explique que l’année 2018 n’a pas été stimulée par les jouets sous licence, qui n’ont pas été portés par de grands blockbusters.

Cette morosité n’a pas été compensée non plus par l’engouement provoqué par les mini-poupées et les produits à collectionner telles que les figurines d’action et les toupies de combat. Pour leur part, les jeux de société – à l’exception des cartes stratégiques –, ont plutôt bien résisté et les jeux de construction ont connu une saison de Noël positive, relève encore la FJP.

Pour autant, alors que s’ouvre le salon de Nuremberg, source d’innovation avec plus d’un million de jouets présentés (notamment les robots, les jouets électroniques connectés, les jeux scientifiques…), les industriels du jouet gardent le moral.

 

Nouvelle hausse en 2019

« Le marché du jouet est tel par sa capacité d’innovation et par ses phénomènes de mode que chaque année est différente des précédentes » explique la FJP. Après une année 2018 particulièrement perturbée, les fabricants sont convaincus que le marché repartira à la hausse en 2019 sous l’effet de plusieurs facteurs :

  • L’offre des jouets sous licence sera portée par de nombreuses sorties de films et séries destinés aux enfants, tout au long de l’année, avec notamment des suites de films qui ont généré d’énormes succès pour les jouets dans le passé. On peut citer Toy Story 4, la Reine des Neiges 2 ou encore le second volet de La Grande Aventure Lego et le premier long-métrage Playmobil, sans oublier les 60 ans de Barbie
  • La restructuration du commerce de détail spécialisé qui sera ainsi plus performant en 2019
  • La confirmation de plusieurs tendances montantes telles que les jouets à collectionner, les figurines d’action, les jouets de société

 

Lire aussi: Les jouets français retrouvent la cote

 

À noter que les industriels, persuadés que « Jouer c’est la vie » et que le jeu contribue à développer les compétences des enfants, ont adopté, comme l’ensemble de la filière jeux et jouet, cette signature commune et transversale.

Ils seront présents  à la Spielwarenmesse, à Nuremberg, du 30 janvier au 3 février 2019. Comme chaque année, ce salon est l’événement qui rassemble tous les marchés internationaux du jouet. Marques célèbres, startups originales, acheteurs de grandes chaînes, prestataires indépendants et forte représentation médiatique contribuent à faire de cette manifestation la plus prestigieuse du secteur. C’est ici que se nouent les contacts commerciaux décisifs, que naissent les tendances de l’année suivante et qu’ont lieu les échanges d’informations les plus actuels.

Le salon regroupe 2 902 exposants de plus de 68 pays et attend quelque 70 000 visiteurs de plus de 130 pays. Un million de produits dont 120 000 nouveautés y sont présentés.

 

  

 

 

L’équipe Avisé

 

Sources:

strategies.fr

fjp.fr

 

Crédit photo: FJP