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Le marché de la fenêtre traverse une mauvaise passe

21/11/2018
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Une étude sur le marché de la fenêtre en France a été réalisée au 1er semestre 2018 auprès des concepteurs gammistes adhérents au Syndicat national de l’extrusion plastique (SNEP), au Syndicat des concepteurs fabricants des menuiseries en aluminium (SNFA) et à l’Union des fabricants de menuiseries (UFME), mais également de 85 fabricants, de 300 points de vente-distributeurs et de 500 entreprises artisanales de fabrication et/ou de pose de fenêtres. Portant sur les ventes réalisées en 2017 y compris les importations (mais excluant la production française exportée), elle est publiée au moment même où le secteur apparaît fortement impacté par les incidences de décisions gouvernementales changeantes.

 

Un marché en dents de scie

« Nous sommes passés de 12 millions de fenêtres vendues en France en 2008 à 10,8 millions en 2017, avec, en quelques années, une très forte baisse en volume et en termes de valorisation »  explique Philippe Macquart, délégué général de l’Union des fabricants de menuiseries (UFME). Le chiffre d’affaires (fourniture et pose) s’est établi à 9,6 milliards d’euros en 2017. Il avait chuté à 8,9 milliards en 2015.

« Ces chiffres sont révélateurs des errances technocratiques et de décisions surprenantes » regrette-t-il.

 

Suppression du crédit d’impôt

Depuis 2014 et jusqu’au 31 décembre 2017, la pose de fenêtres a bénéficié d’un crédit d’impôt à hauteur de 30%, ramené à 15% après cette date et finalement supprimé au 30 juin 2018.

« L’annonce de l’arrêt du crédit d’impôt s’est traduite le jour même par 32 000 annulations de commandes, avec un effet d’annonce considérable, et des conséquences très importantes sur l’activité industrielle ».

Un pic d’activité s’en est suivi immédiatement mais avec des difficultés pour fournir la demande. « Tout le monde voulait passer commande avant le 30 juin », précise Philippe Macquart.

 

Vers une perte d’emplois

Mais depuis septembre 2018, l’UFME constate un véritable effondrement. « Cette politique est dramatique pour toute l’industrie française qui assure la fabrication et la pose de 90% des fenêtres installées en France. On peut s’attendre à plusieurs milliers de suppressions d’emplois d’ici deux ans ».

L’UFME s’indigne du manque d’anticipation et de concertation de ces mesures alors que la France compte encore plusieurs millions « d’épaves énergétiques », c’est-à-dire des logements dont la dépense est supérieure à 250 Kwh par mètre carré. Et alors que la politique gouvernementale en matière de transition énergétique se veut très ambitieuse portant sur la rénovation de 500 000 logements par an jusqu’en 2025.

 

Professionnalisme et bon sens

L’UFME compte donc sur le sérieux des professionnels qui vont néanmoins continuer de changer les fenêtres lors de rénovations de grande ampleur dans le logement social comme dans le pavillonnaire. « Heureusement que les architectes et autres prescripteurs sont convaincus du rôle des fenêtres dans la bonne isolation d’un logement » poursuit Philippe Macquart.

Il table aussi sur le bon sens des ménages, qui continueront à prendre des décisions d’équipement lors de l’achat d’un bien immobilier, même en collectif.

 

Forte concurrence étrangère

Pour autant, l’UFME regrette « le langage brouillé du gouvernement en matière de transition énergétique» qui est contre-performant pour toute l’industrie. D’autant que le marché a été fortement attaqué par la concurrence étrangère : les importations de fenêtres sont passées de 460 000 unités en 2008 à 1,15 millions en 2017.

« Il est très difficile de faire face à une concurrence européenne, principalement polonaise et roumaine, déloyale en termes de coût de main d’oeuvre » poursuit Philippe Macquart.

 

Le PVC s’impose

Par types de chantier, l’étude de l’UFME fait apparaître que 8,5 millions d’unités soit 78% du total ont concerné le marché de la rénovation tandis que 2,4 millions d’unités ont été destinées au marché du neuf.

Dans la rénovation, c’est le PVC qui s’impose toujours avec 57% du total soit 4,8 millions de fenêtres devant l’alu (28%), le bois (12%) et le mixte (3%).

 

Portrait-robot de la fenêtre la plus représentative du marché en 2017

  • Une fenêtre PVC ( 6 fenêtres sur 10)
  • La fenêtre à frappe de couleur blanche domine le marché
  • Son prix moyen HT est de 350 euros sans pose (885 euros avec fabrication et pose) 
  • Elle présente le coefficient Uw <à 1,4.
  • Elle possède le marquage NF Fenêtre (7 fenêtres sur 10 )

 

Bon coefficient thermique

En 2013, une fenêtre sur trois présentait un coefficient d’isolation thermique (Uw) < à 1,4 et les fenêtres PVC se démarquaient déjà nettement dans leur réponse aux critères d’exigences les plus élevés, bien supérieur aux critères d’exigences des incitations fiscales. Une tendance qui se confirme aujourd’hui encore : près de 73 % des fenêtres PVC affichent un coefficient Uw< à 1,4 sur un marché global de la fenêtre où près d’une fenêtre sur deux répond à cette exigence (4, 92 millions de fenêtres sur 10,87 millions).

Par ailleurs, 50% du nombre total de fenêtres et portes-fenêtres commercialisées en France porte le marquage NF Fenêtre. Sur ce volume, les fenêtres PVC se démarquent avec un taux de marquage fort, de 62%.

 

Stagnation attendue

Pour l’avenir, le marché devrait afficher une stagnation avec une évolution légèrement supérieure à 1%. En volume, il représentera 11,31 millions d’unités. Il sera toujours dominé par le PVC qui verrait ses parts de marché baisser sensiblement, passant sous la barre des 50%. L’étude prévoit aussi une poursuite des importations avec même une progression de  + 4% attendue sur le marché français, soit 1,2 million de fenêtres.

 

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L’équipe Avisé

 

Source : ufme.fr

 

Crédits photos : UFME