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L’industrie française de l’outdoor menacée

Représentant les fournisseurs d’articles de sport d’hiver et d’aménagement de la montagne, la filière de l’industrie des sports outdoor, est fortement touchée par la crise du Covid-19, en raison notamment de la fermeture des domaines skiables depuis le 15 mars 2020. Elle demande aujourd’hui un programme d’aide adapté qui permette au secteur de passer la crise jusqu’à la prochaine saison.

 

Les associations professionnelles Union Sport et Cycle (USC), le Cluster Montagne et Outdoor Sports Valley (OSV) ont alerté le gouvernement en décembre sur la situation. Pour la seule région Auvergne-Rhône-Alpes, l’industrie outdoor rassemble en effet 415 entreprises, 5943 emplois et pèse 4,02 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Quelque 60% des entreprises ont une activité liée à la montagne l’hiver, d’où la situation dramatique causée par la fermeture des domaines skiables.

 

Un marché saisonnier qui vit toute l’année

Les ventes au détail, d’équipements de sport d’hiver sont concentrées sur la période hivernale : novembre à janvier en plaine, et décembre à mars en station. En revanche, l’activité des fournisseurs se répartit sur l’ensemble de l’année :

  • Février à mai : prise de commandes
  • Janvier à juillet : production
  • Septembre à décembre : livraison
  • Novembre à janvier : support à la vente/promotion
  • Toute l’année : développement produit, deux ans en amont du lancement

 

La saison 2019/2020 tronquée (fermeture des remontées au 15 mars 2020) et la saison blanche 2020/2021 vont se traduire par une baisse très importante du marché et donc de l’activité des fournisseurs.

La fermeture au 15 mars 2020 et le premier confinement ont eu pour conséquence une baisse des commandes de 30% par rapport à la saison 2018/2019. Le deuxième confinement a bloqué l’activité des magasins de sport de ville. Enfin, la fermeture des stations depuis le début de l’hiver 2020/2021 a impliqué des annulations de commande de la part des magasins de stations. Aucun réassort n’est envisagé. Aussi le niveau de commandes prévu pour les collections 2021/2022 est estimé à 1/3 du niveau d’une saison normale.

Sans soutien, l’estimation de l’impact business de la crise du COvid-19 sur l’industrie outdoor va se traduire par :

  • Une perte de chiffre d’affaires hiver en 2021 de 50% soit 1,2 milliard d’euros
  • Une marge brute réduite de 600 millions d’euros
  • Des licenciements : ¼ des emplois de la filière soit 1400, sont menacés

Les conséquences prévues de cette crise sont une réduction d’activité, des cessations d’activité pour les petites entreprises fortement dépendantes de l’hiver, la réduction ou la fermeture des divisions hiver des entreprises appartenant aux grands groupes.

Cette baisse d’activité des fournisseurs va toucher par ricochet les acteurs de la filière tels que les sous-traitants industriels, les sociétés de services liées au développement, les acteurs du marketing.

 

Besoin d’actions de soutien

L’OSV, en lien avec l’USC, demande aux pouvoirs publics d’engager des actions de soutien. Du fait de ses particularités, le secteur de l’outdoor et des sports d’hiver n’entre pas dans la majorité des critères d’aides de l’État. Il sollicite donc un programme adapté qui lui permette de passer la crise jusqu’à la prochaine saison :

  • Faire entrer les entreprises fournisseurs d’articles de sport d’hiver (matériel, textile et accessoires) dans le dispositif « plan montagne » pour qu’elles soient indemnisées à hauteur de 70% de leurs charges fixes
  • Prolonger les mesures telles que le prêt garanti par l’Etat (PGE)
  • Indemniser les pertes de chiffre d’affaires pour les entreprises S1bis jusqu’à mars 2022
  • Chômage partiel indemnisé à 100% jusqu’en décembre 2021

La filière demande aussi à être intégrée dans le plan de relance en soutenant les programmes clés de digitalisation, d’innovation, de développement durable, de promotion de la destination montagne et des pratiques outdoor et sports d’hiver.

Selon une première estimation, ce plan représenterait une enveloppe budgétaire de 200 millions d’euros. C’est en effet l’avenir d’une filière d’excellence qui est en jeu.

Lire aussi : Outdoor : un marché en plein mouvement

 

L’équipe Avisé

 

Source : Outdoor Sports Valley

 

Crédit photo : Pixabay