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Maquillage et cosmétiques : les tendances post-confinement

Les grandes marques de cosmétiques l’ont constaté dans leurs résultats du 1er semestre 2020, avec des chiffres de ventes en nette baisse pour certains produits. En France, le port du masque a accentué une tendance « No Make-up », née avant le début de la crise sanitaire.

 

Ventes en berne

Les fabricants des produits de beauté ont vu en quelques mois se transformer considérablement leur marché allant jusqu’à la chute brutale des ventes de certaines marques de maquillage et cosmétiques.

Les ventes de Make-up se sont en effet effondrées sur les huit premiers mois de l’année 2020 : pour le maquillage, elles ont chuté de 53,4% pendant le confinement puis de 6,3% encore depuis le déconfinement ;

Le recul a atteint - 47% en valeur pour les ventes de rouge à lèvres, -33% pour les fards à paupières et mascara, - 27% pour les fonds de teint et - 22% pour le vernis à ongles. La tendance globale, vers le « No Make-Up », ou presque, déjà constatée avant le début de la crise sanitaire, s’est encore accentuée post-confinement, donnant lieu à de nouvelles habitudes avec toujours moins de maquillage.

Seuls les produits pour les yeux tels que mascaras, eye-liners et fards ont tiré leur épingle du jeu : leurs ventes ont retrouvé leur niveau de 2019 après avoir largement diminué durant le confinement.

La jeune génération de Françaises, notamment, recherche plus de naturel. Une mouvance qui demande aux professionnels de la beauté et des cosmétiques de s’adapter à cette nouvelle donne de leur marché.

 

Évolution de fréquence de maquillage

Source: Ifop/Slow Cosmétique

 

Sublimer le regard derrière le masque

Selon une enquête de l’Ifop réalisée en juin 2020 pour le label Slow Cosmétique, cette tendance de retour au naturel fait de plus en plus d’adeptes : si 55% des femmes se maquillent une fois par semaine, le confinement a bouleversé leur routine en matière de « Make Up ».

Aujourd’hui, 21% des femmes se maquillent chaque jour contre 42% avant le confinement. Elles restent toutefois une grande majorité (49%) à déclarer se maquiller autant que les années précédentes à la même période.

L’impasse est faite sur le bas du visage en mettant l’accent sur les yeux du fait de l’obligation du port du masque : 44% des femmes qui se maquillent régulièrement ne maquillent plus leurs lèvres régulièrement sous le masque, mais continuent de sublimer leur regard (46%).

 

évolution port du masque et maquillage

Source: Ifop/Slow Cosmétique

 

Davantage de produits maison ou locaux

La période du confinement aura aussi été l’occasion, pour les plus jeunes, de s’assumer au naturel : 53% des femmes de - 30 ans déclarent se maquiller moins qu’avant. Le moment aura aussi été propice à l’usage de masques et crèmes maison en tout genre, tant pour la peau que les cheveux.

La pandémie de COVID-19 a également stimulé l’intérêt des femmes pour les ingrédients cosmétiques naturels :  si 63% accordent en temps normal de l’importance aux produits écologiques et ancrés dans les terroirs, 53% des femmes qui se maquillent régulièrement privilégient désormais des produits naturels et 34% des cosmétiques maison ou issus de producteurs locaux. Les consommatrices cherchent donc à protéger leur santé mais aussi la planète et l’économie locale.

 

consommation des cosmétiques

Source Ifop/Slow Cosmétique

 

Une Française sur deux limite son recours au maquillage, afin d’améliorer la qualité de sa peau, de s’assumer au naturel (48%) ou encore d’éviter les produits dont la composition chimique (48%) est néfaste pour la peau. Les préoccupations environnementales et la cause animale (29%) ne sont pas en reste. Les jeunes femmes (moins de 30 ans) veulent à tout prix éviter les produits problématiques pour leur peau (54%).

 

choix des produits cosmétiques

Source: Ifop/Slow Cosmétique

 

Poids de la pression sociale

86% des femmes se maquillant régulièrement affirment se sentir « plus belle » maquillées, tendance plus forte encore chez les seniors (91%), également plus nombreuses à considérer l’absence de maquillage dans un lieu public comme un certain « laisser aller ».

Ce qui laisse apparaître une divergence entre générations : la beauté se veut aujourd’hui plus naturelle et libérée, imparfaite et assumée mais ce ne fut pas le cas du temps des aînés. L’absence de Make-Up peut encore être perçue comme une négligence en soirée (33%), au restaurant (28%), au travail (26%), dans une réunion familiale (20%) ou simplement dans les rues et les commerces (17%).

 

absence de maquillage et laisser aller

Source: Ifop/Slow Cosmétique

 

Le maquillage est considéré comme le fait d’être présentable, notamment au travail : 34% des Français considèrent qu’une femme devrait toujours porter un minimum de maquillage sur son lieu de travail. Cet avis est partagé par 50% des femmes qui se maquillent déjà chaque jour. L’autre moitié admet pouvoir aller travailler sans être maquillée.

Nombreuses sont les femmes qui se maquillent également en télétravail (56%). Leurs cadettes sont, en revanche, plus enclines à s’assumer au naturel, en présentiel comme en télétravail (57%). Plus de la moitié des jeunes de - de 30 ans ne veulent pas se voir imposer un code vestimentaire (55%), ou une façon de se maquiller (53%) par leur employeur.

L’étude met donc en avant une chute de 50% du maquillage quotidien chez les femmes françaises : ce qui s’explique pour des raisons conjoncturelles (confinement, télétravail) et par la tendance « No Make-Up » ou « Slow Make-Up », relevée depuis quelque temps à travers le monde. Ainsi, la crise de la Covid-19 a été un accélérateur de tendances pour les cosmétiques comme dans d’autres secteurs telles que l’alimentation, la distribution ou la santé.

En ce qui concerne les produits de beauté, la composition des produits et leurs ingrédients, leur origine et leur provenance sont des critères de choix toujours plus importants pour les consommateurs. L’essor rapide de la cosmétique bio et de la cosmétique naturelle en est un bon exemple. La démocratisation de l’offre bio et sa présence accrue en grande distribution a permis de rendre ces produits plus accessibles à tous.

La tendance « No Make-Up »/« Slow Make-Up », qui s’est accélérée durant la période atypique du confinement et qui se poursuit en cette période de crise sanitaire toujours active, est une tendance de fond, à prendre en compte par les acteurs du secteur du maquillage et des cosmétiques. À eux de trouver les nouveaux leviers pour relancer la consommation de leurs produits tout en répondant aux nouveaux besoins des consommatrices.

 

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L’équipe Avisé

Sources :

slow-cosmetique.com

francesoir.fr

ami-hebdo.com

ouest-france.fr

airofmelty.fr

 

Crédit photo : Pixabay