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Le pouvoir d’achat des indépendants et des dirigeants de TPE en berne

Selon une enquête réalisée par le Syndicat des indépendants et des TPE, la précarité s’est installée chez les chefs des très petites entreprises sous la pression de l’inflation et des crises à répétition. Près de la moitié d’entre eux se rémunère moins d’un Smic mensuel pour près de 50 heures de travail par semaine.

 

La précarité s’installe

L’étude réalisée auprès de 1657 artisans, commerçants, professionnels libéraux et dirigeants de TPE du 8 au 12 mai 2022 est sans appel : elle met en avant la précarité financière personnelle grandissante des indépendants et des dirigeants de TPE. 

En 2019, le Smic net mensuel d’un salarié effectuant 35H de travail par semaine s’établissait à 1219€ : il s’élève à 1302€ au 1er mai 2022 hors prime d’activité. Dans le même temps, selon l’Urssaf, 44% des artisans, commerçants, dirigeants de TPE et professionnels libéraux, hors micro-entrepreneurs, dégageaient une rémunération inférieure à ce niveau pour une durée hebdomadaire de travail de 48H.

Les aides déployées par l’État pendant la crise du COVID en 2020 et 2021 ont concerné les outils de production et le maintien dans l’emploi des salariés. S’y sont ajoutés les dettes des entreprises via les prêts garantis par l’État (PGE) soit 53 milliards €, et les différents moratoires sur le paiement des charges qui se sont soldés par 7 milliards de dettes Urssaf. Ce qui porte à 61 milliards € la dette COVID à rembourser par les responsables de TPE. À cela viennent encore s’ajouter les charges d’exploitation courante.

 

Rentabilité en baisse

Ceci suppose, comparé à 2019, pour un retour à l’activité normale un développement qui permette de compenser ces charges supplémentaires. Or, relève l’enquête du SDI, « un tel objectif est inaccessible en l’état actuel de l’environnement économique. Les marges diminuent, la rentabilité est en baisse, tout comme la rémunération des responsables de TPE ».

Résultat une baisse de pouvoir d’achat de 10 à 30% est constatée dans 53% des cas : les revenus d’un indépendant sont en effet directement fonction de l’activité de son outil de travail. Du fait de la croissance nulle au 1er trimestre 2022 en France, d’une baisse de la consommation des ménages et d’une inflation élevée, le pouvoir d’achat des indépendants et dirigeants de TPE est donc en chute libre.

En bout de chaîne économique, les petites entreprises n’ont d’autre choix que subir la hausse des prix imposée par leurs fournisseurs, tant dans le domaine de l’énergie que des matières premières. La difficulté est pour elles de répercuter ces hausses sur le consommateur final, alors que l’activité est en baisse sous la pression de l’inflation généralisée. La réponse est pour la majorité d’entre elles une hausse mesurée de leurs propres tarifs, une baisse de leurs marges et donc de la rentabilité, des bénéfices et en fin de compte de la rémunération des dirigeants. En 2022, la précarité s’est installée, confirmée par la baisse du pouvoir d’achat entraînant elle-même une chute de la consommation des ménages.

 

Vers des mesures complémentaires 

Pour faire face à cette situation difficile, le SDI propose plusieurs mesures :

  • Le gel de l’indice des loyers commerciaux
  • La suppression de la répercussion sur le locataire commercial du paiement de la taxe foncière due par le bailleur
  • L’allongement du droit de la durée de remboursement du PGE d’au moins deux années
  • L’étalement du paiement des charges personnelles Urssaf 2021 des dirigeants sur 12 à 36 mois
  • L’extension aux TPE du bouclier tarifaire énergétique

 

L’équipe Avisé

 

Sources :

batiactu.com

sdi-pme.fr

 

Crédit photo : Pixabay