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S’installer en zones rurales

L'air de la campagne attire de plus en plus les citadins. Pourquoi ne pas y mener carrière ! Loin des grandes villes, c’est l’occasion de redécouvrir les plaisirs du travail en environnement rural. 

Les Français sont de plus en plus tentés par la vie à la campagne. Chaque année, près de 100 000 d’entre eux quittent la ville pour s’installer au vert. Une tendance qui s’affirme plus que jamais depuis quelques années.

Alors que les zones rurales tendaient à se dépeupler entre 1989 et 1999 et perdaient près de 17 000 habitants par an, la tendance s’est inversée depuis les années 2000. Pour beaucoup de candidats, l’installation à la campagne offre une meilleure qualité de vie. Le contact avec la nature, la proximité avec la population locale, sont généralement des valeurs invoquées par les aspirants à la vie rurale.

C’est aussi souvent l’occasion d’un nouveau départ professionnel. Les « néo-ruraux », ces citadins qui décident de s’installer en zone rurale, veulent généralement transformer leur quotidien. Changer radicalement d’environnement peut être très tentant ! Ce peut aussi être l’occasion de retrouver ses racines familiales et/ou de vivre dans une région que l’on aime.

Dans les campagnes françaises, l’activité est majoritairement tournée vers les services de proximité : artisanat, commerce de détail, éducation, santé,… L’industrie emploie environ un tiers de la population active. Enfin, l’agriculture représente près de 10% des emplois avec notamment l’essor de l’agriculture bio.
 

Faire appel à un dispositif local

Mieux accompagner les porteurs de projets urbains à la campagne est donc un défi à relever pour nombre de territoires en Auvergne-Rhône-Alpes. C’est dans cette logique que s’est déployée depuis quelques années la démarche régionale portée par l’association Envie d'R.

Celle-ci passe, entre autres, par une meilleure visibilité des offres d'activités, des opportunités en milieu rural, un réseau de porteurs de projets ayant le même désir, une meilleure appréhension de l'installation en rural.

Il s’agit de construire des partenariats avec des structures d'accompagnement sur une dizaine de territoires ruraux. Un appui  dont profitent, entre autres, les artisans et artisans d’art, en quête d’une installation en zones rurales.

  « Nous avons créé un site internet enviedr.com qui fait la promotion de l'entrepreneuriat dans les territoires  ruraux et la mobilité ville-campagne, propose des offres d'activités et recensent des offres de reprises intéressant l’artisanat, le commerce, les services et l’agriculture », explique Aurélie Braillon, chargée de mission à Cap Rural qui coordonne Envie d'R.

 

Une démarche structurée

Expérimentée depuis 2016, la démarche a été largement structurée en 2018 afin de mettre en avant l'entrepreneuriat dans les territoires ruraux et de regrouper les offres à disposition des créateurs ou repreneurs d’entreprises.

« Les porteurs de projets candidats à une installation en rural sont souvent démunis en termes de ressources. Nous leur proposons un contact pour chacun des territoire : un chargé de développement local travaille avec le réseau local de l'accompagnement, les chambres consulaires dont la Chambre de Métiers et de l’Artisanat.», poursuit Aurélie Braillon d'Envie d'R.

L’objectif est aujourd'hui de déployer la démarche en trouvant notamment  de nouveaux territoires partenaires sur l'ensemble de la Région. C’est Cap Rural, centre de ressources sur les pratiques et métiers du développement rural, qui coordonne et accompagne les territoires ruraux d'Auvergne-Rhône-Alpes impliqués dans Envie d'R.

 

Un accompagnement global

En 2019, les porteurs de projets ayant bénéficié des services d'Envie d'R sont représentatifs des activités de services - coaching, illustrateur, web manager, vidéo, photographe, consultant en formation - et peuvent travailler dans des tiers-lieux mis à leur disposition par les territoires. Mais ils sont aussi artisans notamment créateurs de vêtements, de bijoux, d’accessoires pour vélo ou bien boulangers. D’autres développent leurs activités dans le maraîchage, l’herboristerie ou encore le tissage de laine de lama…

 

Implanter des commerces multiservices

Une autre expérience menée avec succès s’illustre avec le déploiement de la start-up lyonnaise Comptoir de Campagne. Celle-ci a mis en œuvre avec succès un concept d’épicerie de village. Lancée à Champdieu dans la Loire, Comptoir de Campagne décline une offre de produits alimentaires avec une offre de services tels que pressing, salons d’esthétique et de coiffure, cordonnerie, retouches…

Huit adresses existent déjà dans la Loire, le Rhône et l’Isère, avec un projet de développement au niveau national.

Autre exemple d’implantations réussies en zone rurale, celles mises en place avec le concours de Villages Vivants, une association qui a vocation à financer l’achat d’espaces commerciaux. Créée sous forme de société coopérative (SCOP) en 2018, elle considère l’immobilier comme un levier contre la désertification des campagnes. Trois projets ont pour l’heure été menés à bien : un commerce multiservices, une librairie coopérative et une auberge coopérative.

 

Mettre en place une stratégie de reconversion

A l’image de cadres urbains de plus en plus nombreux en France, Nathalie Nyault a entamé, à 50 ans passés une reconversion professionnelle dans l’artisanat. Cadre supérieur dans une banque en charge du numérique et de la communication depuis 20 ans à Paris, elle a en effet choisi de devenir artisan potier pour poursuivre sa carrière.

Elevée à la campagne, Nathalie Nyault a décidé pour raisons personnelles d’opérer un retour aux sources dans son Auvergne natale et a fait le choix de s’installer à Charroux, dans l’Allier, classé parmi « Les plus beaux villages de France ».

Après avoir découvert la terre grâce à un potier du Mâconnais, elle évoque plusieurs projets de reconversion avant d’arrêter son choix sur la céramique. Elle postule pour un CAP de tournage qui l’amène à Saint-Amand-en-Puisaye dans le Morvan, au Centre international de formation aux métiers d’art et de la céramique (EMA-CNIFOP) durant neuf mois.

Elle trouve en même temps une maison à Charroux où installer sa future boutique, dénommée "Terre de couleurs",  et discute avec le maire, qui joue à plein la carte des artisans d’art et des métiers de bouche. Elle rencontre aussi la Communauté de communes puis la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de l’Allier, qui la soutiennent par un accompagnement dans sa création d’entreprise. Nathalie Nyault a pu ainsi profiter d'un prêt à taux zéro proposé par la Région Auvergne-Rhône-Alpes et la Banque Populaire.

Pour rappel, les Chambres de Métiers et de l'Artisanat accompagnent les porteurs de projet à différents niveaux: aide à l'étude de marché, conseils à la création, à la reprise, à l'installation et réalisent le montage des prêts à taux zéro.

 

Lire aussi : Les boutiques "test" se déploient sur les territoires

 

Des exonérations fiscales possibles

Par ailleurs, un nouveau dispositif d’exonération facultatif d’impôts locaux a été mis en place par la loi de finances pour 2020. Il concerne les petites entreprises implantées dans une zone de revitalisation des commerces en milieu rural (Zorcomir). A ce titre, elles peuvent bénéficier de certaines exonérations fiscales.

Sous réserve d’une délibération des communes, les TPE peuvent profiter d’une exonération de CFE et de CVAE pour les impositions établies au titre des années 2020 à 2023 si elles remplissent certaines conditions :

  • exercer une activité commerciale nouvelle ou existante au 1er janvier 2020
  • employer moins de 11 salariés.
  • avoir réalisé un chiffre d'affaires annuel HT inférieur à 2 M€ au cours de l’avant-dernière année précédant celle de l’imposition.

L'exonération de CFE est applicable si les communes en ont pris une décision avant le 1er octobre pour l'année suivante. A défaut, l'exonération prend fin.

A noter que les TPE bénéficiant de l'exonération de CFE pourront, si elles en font la demande, bénéficier d'une exonération de la CVAE pour la faction taxée au profit de la commune. Celle revenant aux Départements et aux Régions doit faire l'objet d'une délibération supplémentaire de la part des collectivités.

 

Un guide pratique édité au niveau national

Le ministère de l’Economie et des Finances et le ministère du Travail viennent d’éditer un guide  intitulé « Le guide pratique à l’usage des commerces et des petites entreprises en zones rurales » qui fait un état des lieux des dispositifs existants. Il entend apporter des réponses aux préoccupations majeures des entrepreneurs ruraux.

Sont évoqués tour à tour la problématique du recrutement d’un premier salarié, les aides financières qui peuvent être mobilisées en faveur de la création ou de la reprise d’entreprises, la recherche de locaux disponibles, la meilleure manière d’initier sa transformation numérique ou encore l’accès au crédit.

Pour l'accès au foncier et à l'immobilier d'entreprise, les chefs d'entreprises peuvent contacter les collectivités locales qui sont les interlocuteurs privélégiés des artisans et les aident à trouver des locaux adaptés.

Le guide fait également l'inventaire des démarches administratives, il est possible aussi de s’adresser à une maison de service au public (MSAP), prochainement Maison France Service. Des conseils en ligne peuvent aussi être obtenus sur guichet-entreprises.fr. BpiFrance dispose également d’une large palette de dispositifs de financement en fonction de la taille de l’entreprise et de la nature du projet.

Enfin, il permet de trouver comment disposer de délais de paiement pour les impôts et cotisations sociales, comment prendre rendez-vous avec le président du tribunal de commerce en cas de période difficile, et comment repartir après une faillite. Enfin, il regroupe les manières de chercher un repreneur : plusieurs acteurs publics et privés (CMA, CCI, experts-comptables, réseaux d’accompagnement) peuvent en effet accompagner le chef d’entreprise.

 

 

L’équipe Avise

 

Sources :economie.gouv.fr

bpifrance-creation.fr

 

Crédit photo : Nathalie Nyault