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Entretien et nettoyage de locaux : comment se protéger des risques pour la santé ?

09/04/2018

Les personnes travaillant dans l'entretien et le nettoyage de locaux sont exposées à des maladies respiratoires et cutanées. Il existe plusieurs raisons possibles à cela dont :

  • les produits chimiques présents dans les produits de nettoyage

Parmi ces produits, citons notamment les composants volatils, ou non volatils et appliqués par pulvérisation, les irritants (ammoniaque, eau de javel, acides forts...) et/ou les sensibilisants (isothiazolinones, aldéhydes, ammoniums quaternaires, amines aliphatiques dont l'acide éthylènediaminetétraacétique ou EDTA, surfactants, dérivés terpéniques...).

  • le milieu d'intervention peut également avoir un impact sur la santé des travailleurs du fait des aérocontaminants, sensibilisants et/ou irritants éventuels générés par l'activité particulière du lieu d'intervention (bureaux, hôpitaux, cuisines, édifices publics, usines...)
  • l'empoussièrement remis en suspension par les opérations de ménage.

Les yeux, la peau et le système digestif sont les organes les plus à risque. Certaines personnes peuvent souffrir notamment de rhinites, d'asthmes ou de syndromes asthmatiformes. En France, les agents de nettoyage sont la profession la plus souvent concernée par ces affections, avant même les boulangers pâtissiers.

 

La prévention est essentielle. L’INRS (l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles) recommande que la prévention porte parallèlement sur :

  • la formation
  • l'information et l’éducation des salariés
  • le remplacement de produits très irritants
  • la suppression des applications par pulvérisation chaque fois que possible.

 

La prévention collective

L’INRS indique que " la prévention technique privilégie les mesures de protection collective, sous réserve de faisabilité :

  • substitution des produits les plus irritants et sensibilisants par d’autres qui ne le sont pas ou qui le sont moins. Il convient de s’assurer, avant toute application de produit de nettoyage, de la nécessité d’employer un produit irritant (ammoniaque, acides forts, dégraissants en sprays…) et de la possibilité de le remplacer par un produit moins agressif 
  • réduction si possible de la fréquence d’emploi de produits de nettoyage et/ou de la quantité utilisée
  • choix d’un mode d’application autre que la pulvérisation, comme l’application du produit liquide préalablement versé sur un chiffon (produit nettoyant pour vitres par exemple)
  • interdiction du mélange de produits de nettoyage (par exemple, mélange de nettoyants multi-usage pouvant contenir de l’eau de Javel et de détartrants pour toilettes contenant des acides), nécessité de rincer les surfaces après l’application d’un produit avant d’y déposer un autre nettoyant
  • aération des locaux pendant et après l’usage des produits de nettoyage : éviter de rester dans la pièce immédiatement après l’application de produits d’entretien fortement irritants
  • rotation des postes de nettoyage pour réduire la monotonie du travail et mieux distribuer les charges de travail à forte contrainte physique ou à forte pollution environnementale 
  • information du personnel sur les risques liés aux produits de nettoyage et formation aux bonnes pratiques. Un programme de formation comprenant des informations écrites et – surtout - une information en face à face ou par vidéo peut être envisagé, à l’occasion de cours ou d’ateliers, sur le stockage des produits, le mode d’emploi, les incompatibilités entre les divers nettoyants…

 

La prévention individuelle

Celle-ci peut reposer sur :

  • Une protection respiratoire individuelle

Cette protection peut être indiquée dans les situations de fortes expositions à l’ammoniaque ou à d’autres irritants, à l’aide d’appareils de protection respiratoire filtrants adaptés.

 

  • Une paire de gants

    • le port de gants est impératif pour toute manipulation de produit de nettoyage et entre dans la prévention des affections respiratoires professionnelles chez les personnels de nettoyage
    • pour prévenir les risques de dermatite de contact allergique, ces gants doivent être doublés de coton, de bonne qualité et sans thiurames, en cas d’exposition aux produits désinfectants, aux produits de nettoyage agressifs et à l’eau. Les gants doivent être intacts, propres et secs à l’intérieur. Leur épaisseur et la taille des manchettes doivent être adaptées aux tâches.
    • le port de gants médicaux à usage unique qui ne sont pas des gants de nettoyage est à éviter. Les gants jetables sont des gants de faible épaisseur destinés à un usage unique et sont peu résistants chimiquement et mécaniquement. Ils ne sont pas donc pas adaptés aux tâches de nettoyage avec immersion des mains dans les produits détergents et/ou désinfectants qui nécessitent des gants plus épais à longues manchettes. Ils ne doivent être utilisés que pour des activités pouvant exposer à des éclaboussures accidentelles de produits chimiques.
    • les gants doivent être utilisés sur les périodes les plus courtes possibles. En cas de port prolongé de gants de protection, il est recommandé de porter des gants de coton (à changer régulièrement) ou que ces gants soit doublés de coton pour lutter contre la sudation. Lors de travail au sec, sans contact avec l’eau ni avec des substances chimiques (ex. passer l’aspirateur), les gants doivent être ôtés.
    • le lavage des mains doit être limité au stricte nécessaire. Il doit se faire avec de l’eau tiède, en évitant l’eau chaude, qui aggraverait une irritation cutanée. Les mains doivent ensuite être bien rincées et séchées
    • lorsqu’une éclaboussure de produit liquide a pénétré à l’intérieur du gant, le produit peut séjourner au contact de la peau et causer une irritation ou une brûlure. Dans ce cas, il faut ôter le gant, se rincer les mains sans délai et changer le gant ou le laver. Les gants à manchettes longues évitent ce risque.
    • pour l’antisepsie des mains, des solutions hydroalcooliques doivent être utilisées, en respectant les recommandations sur le lieu de travail
    • le port de bagues est à proscrire. Les irritants peuvent être piégés sous la bague et favoriser ainsi la dermatite de contact d’irritation
    • les émollients doivent être appliqués sur les mains avant, pendant et après le travail, en insistant sur les espaces interdigitaux, la pulpe des doigts et le dos des mains. Ils doivent être riches en lipides, sans parfum et comporter les conservateurs ayant le plus faible potentiel sensibilisant. Une lecture attentive des emballages s’impose donc.

 

  • Une paire de lunettes

Le port de lunettes est conseillé si une personne manipule des acides ou des substances alcalines, c’est-à-dire des produits à pH faible ou élevé (<5 ou >9). "

 

 

Approfondir le sujet de la prévention des risques 

 

L'INRS met à votre disposition plusieurs documents gratuits :

 

  • Une brochure de prévention des risques est à votre disposition. Elle est destinée à tous ceux qui, dans l’entreprise de mise en propreté et quelle que soit sa taille, ont à prendre en compte les risques professionnels : chefs d’entreprise et, selon les cas, cadres et agents de maîtrise notamment.

Cette brochure traite des risques du travail et des moyens de prévention pour diminuer les accidents et maladies professionnelles. Une 1ère partie décrit les principaux risques de la profession (risque routier, travaux en hauteur, manutentions manuelles et postures de travail, utilisation de matériels électriques, de produits chimiques…) en privilégiant la protection collective. La 2e partie est consacrée à la manière d’organiser la sécurité dans l’entreprise de propreté et services associés et chez le client.

 

  • Quelles sont les démarches de prévention propres à chaque activité ?
    • nettoyage des sols, murs et surfaces
    • nettoyage de vitres
    • nettoyage de matériel de bureau
    • nettoyage d’éviers, lavabos, douches
    • détartrage de récipients et de sanitaires
    • débouchage d’éviers
    • nettoyage d’ustensiles de cuisine, de fours
    • élimination de graffitis
    • rinçage de la verrerie de laboratoire

Les réponses sont dans cette fiche.

 

  • Etiquettes de produits chimiques : que signifient les pictogrammes ?

L’INRS propose un dépliant présentant les grandes lignes du système d'étiquetage CLP (classification et étiquetage des produits) : les pictogrammes et leur signification, les mentions d'avertissement, les mentions de danger, les conseils de prudence ainsi que la composition de la nouvelle étiquette.

 

 

L’équipe Avisé

 

 

Sources : INRS, 2014

INRS, 2011

INRS, 2005

Crédit photo : StockSnap