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Les services automobiles fortement impactés par la crise sanitaire

Trois enseignements ressortent d’une étude réalisée par l’Observatoire des métiers des services de l’automobile pour l’ANFA : le volume d’emploi a été préservé, la baisse de la mobilité s’est confirmée, la pénurie d’approvisionnement des semi-conducteurs et les difficultés de recrutement ont eu un impact sur la reprise.

 

Des enseignements majeurs

L’ANFA vient de publier un nouvel autofocus réalisé par l’Observatoire des métiers des services de l’automobile consacré cette fois à l’impact de la crise sanitaire sur les établissements de la branche. Cette étude a été menée auprès de 3000 établissements, en octobre 2021. Elle a été réalisée dans le cadre du Plan d’Investissement dans les Compétences (PIC), bénéficiant d’un cofinancement du ministère du Travail et de l’OPCO Mobilités.

Il en ressort quelques enseignements majeurs : le volume d’emploi a été préservé alors que le volume d’activité a été directement impacté par le contexte sanitaire. La baisse de la mobilité – toujours d’actualité au moment de l’enquête- s’est confirmée. La pénurie d’approvisionnement des semi-conducteurs et les difficultés de recrutement ont eu une forte conséquence sur la reprise.

Enfin, les mutations structurelles en cours, avant même l’épidémie de Covid sont toujours à l’œuvre , notamment la montée en puissance du véhicule électrique qui est un véritable changement de paradigme pour le secteur.

 

Reprise de la mobilité avec le retour de la croissance

La branche des services automobiles connaissait avant le début de la pandémie une période de fort dynamisme : l’emploi salarié ayant progressé de 5% entre 2015 et 2019, soit plus 21 000 emplois. Après avoir baissé en 2020 (-1%), l’emploi salarié a retrouvé son niveau d’avant crise fin 2021 grâce à la reprise de la mobilité et la forte croissance économique.

« Le recours aux aides de l’Etat a surtout concerné l’année 2020. L’activité partielle a ainsi été mobilisée par 81% des établissements en 2020 » explique Marie-Sophie Girardin, responsable Projets à l’Observatoire des métiers des services de l’automobile, auteure de l’étude. « En revanche, elle n’a été mobilisée que par 13% des établissements en 2021 ».

Pour sa part, la vente de véhicules particuliers a connu une dégradation significative de l’activité : 57% des établissements (contre 32%) pour l’ensemble de la branche, disaient que l’activité était encore dégradée voire fortement dégradée en octobre 2021 par rapport à leur situation d’avant-crise.

D’autres secteurs ont, eux, progressé : le vélo a connu un essor inédit bénéficiant du report de l’usage des transports en commun et d’une série de mesures publiques (« coronapistes, dispositifs « Remise en selle » et « Coup de pouce vélo »). Par ailleurs, 1,9 million de réparations ont été réalisées sur des vélos, d’où une poussée d’activité chez les réparateurs.

Même constat pour la moto, qui a enregistré une reprise très importante. L’emploi a progressé de 8% en 2020 et a continué d’augmenter en 2021.

 

Difficile de recruter

La pénurie de semi-conducteurs s’explique par plusieurs raisons, toutes liées à la crise sanitaire : hausse de la demande de composants électroniques suite à l’augmentation de la digitalisation et du télétravail partout dans le monde, absentéisme ou arrêt des productions dans certaines usines.

Ceci entraîne des difficultés pour le commerce de véhicules : allongement des délais de livraison pour les voitures neuves, hausse des prix des véhicules d’occasion et pour les entreprises de location : difficulté pour renouveler la flotte de véhicules, augmentation des coûts.

La reprise forte en 2021 a encore accru les difficultés de recrutement. La part des recrutements difficiles est de 64% pour les métiers de la maintenance automobile, de 67% pour la carrosserie et de 77% pour l’enseignement de la conduite.

Ainsi, ce sont quelque 8790 postes qui n’ont pas été pourvus sur la période dont 54% dans les métiers où il est le plus difficile de recruter : les auto-écoles, les métiers de la maintenance automobile et les carrossiers.

 

La révolution du véhicule électrique

La branche des services de l’automobile est également mise sous pression par une mutation structurelle de grande ampleur : l’essor du véhicule électrique. Ce déploiement va remettre en cause l’équilibre économique de certaines activités telles que la distribution de carburant qui doit complètement repenser son modèle.

La mutation du parc automobile vers plus de véhicules électriques constitue une révolution fondamentale qui rencontrent des difficultés à organiser opérationnellement les changements nécessaires à la prise en compte de ce nouveau contexte. Les acteurs de la branche doivent accompagner les consommateurs dans leur choix de mobilité et leur prise en main des véhicules ou des bornes de recharge. Un challenge à relever pour les professionnels.

 

L’équipe Avisé

 

Source : ANFA

 

Crédit photo : Pixabay