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Taxi et VTC : vers un transport autonome et multi-modal ?

17/11/2017
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Aujourd’hui, l'offre de services du transport de personnes évolue vers plus de connectivité, notamment à bord. Cela rime avec géolocalisation, paiement sans contact ou via une appli mobile, mise à disposition d’écrans ou de tablettes et du wifi. L’intégration de ces services à bord permet au client, par exemple, de lire la presse, de réserver une chambre d’hôtel, un billet de spectacles ou d’accéder à un traducteur vocal.

Dans les années à venir, c'est le support même du transport de personnes qui va évoluer fortement. Le futur du transport de personnes semble être synonyme d’engin électrique et autonome. Au vu de l’évolution rapide des technologies, ce futur ne tient plus de la science-fiction !

Retour sur certains des développements en cours dans le transport partagé et projetons-nous dans ce futur pas si lointain.

 

Des développements en cours sur route… mais aussi dans les airs et sur l’eau

  • Navya et son Autonom Cab

La solution technique la plus proche de l'offre de services de taxi s’appelle l’Autonom Cab. Proposé par l’entreprise lyonnaise Navya, cet Autonom Cab est un véhicule de taxi, électrique, sans chauffeur et sans poste de pilotage, et donc complètement autonome.  Il fonctionne notamment grâce à des capteurs, des caméras et des radars. Il est envisagé comme une solution de transport pour les déplacements en centre-ville. Les premières livraisons sont attendues au 2ème trimestre 2018. L'Autonom Cab circulerait ainsi à Paris, voire à Lyon.

Ce véhicule est capable de transporter 6 personnes. S’il roule en moyenne à 50 km/h, il est capable d’atteindre 90 km/h. Il dispose d’une autonomie de 10 heures.

Une application mobile dédiée permet aux utilisateurs de fermer et d’ouvrir les portes, et de commander le démarrage du véhicule. A l’intérieur du véhicule, les passagers pourront accéder à des services en ligne, tels que la visite interactive et culturelle de la ville, un accès aux sites de vente de places de cinéma et de musées.

Le prix de l’Autonom Cab devrait se situer entre 230 000 et 260 000 €, selon les sources consultées.

Voir une vidéo de l’Autonom Cab

 

  • Le taxi autonome d’Uber

Uber a lancé en 2016 un service de taxi autonome aux Etats-Unis. Pour cela, il s’est allié aux constructeurs Ford et Volvo. Les débuts sont difficiles : de nombreuses interventions ont eu lieu et quelques accidents sont à déplorer.

D’une manière générale, les initiatives des constructeurs, tels que BMW, Tesla, Toyota, ou encore de Google, avec son véhicule baptisé Waymo, ou encore d'Apple sont à surveiller.

 

  • Les navettes autonomes

Navya propose une navette autonome, baptisée Navya Arma. D’une capacité de 15 passagers, ce shuttle circule en circuit fermé, préalablement établi. L’engin est déjà en activité, par exemple à Lyon, dans le quartier de la Confluence (jusque fin 2018), et à Paris-La Défense.

EasyMile, une entreprise toulousaine, propose le EZ10, un minibus de 12 places, se déplaçant également sur un parcours programmé. Il a déjà été testé avec succès dans plusieurs villes. Voir une vidéo de l’EZ10 d’EasyMile

 

 

Les autres projets d'engins de transport partagé proposeront généralement des déplacements dans les airs ou sur l’eau. Ils sont alors davantage conçu pour répondre aux besoins des grandes métropoles, où le nombre de personnes se déplaçant au même moment est élevé et où le trafic est saturé.

 

  • Airbus : le City Airbus et le Vahana

Airbus propose le City Airbus, un taxi volant, fonctionnant « comme une petite automobile électrique autonome, sans volant ni pédale ». Cet engin roule et peut s’élever dans les airs grâce à un système d’hélices amovibles sur son toit. Il pourra transporter 4 passagers sur une trentaine de km, avec une autonomie de près de 20 minutes. Selon RTL, « Airbus promet un 1er vol autonome de 15 minutes dès 2018, avant une mise en service en 2023. » Dans un premier temps, City Airbus pourrait être commercialisé avec un pilote. Pour avoir une idée plus concrète de l’usage du City Airbus, une vidéo de simulation est disponible en ligne.

Autre projet d’Airbus : le Vahana, un engin autonome volant et électrique.

 

  • UberAir

Uber a annoncé un prototype capable de décoller et d’atterrir verticalement, c’est-à-dire un véhicule VTOL pour Vertical Take-Off and Landing, soit décollage et atterrissage vertical.

Les premiers vols d'UberAir sont annoncés d’ici 2020 dans plusieurs villes américaines.

 

  • Le Jet de Lilium

La start-up allemande Lilium propose un avion électrique qui décolle et atterrit verticalement. Il s’agit donc également d’un VTOL. Il dispose d’une autonomie de 300 km et se déplace à 300 km/h. Ce service d’avion taxi à la demande pourrait voir le jour en 2019 et se généraliser autour de 2025, en priorité dans les métropoles.

Voir une vidéo

 

  • Le EHang 184 par EHang

L’entreprise chinoise EHang propose un drone taxi, autonome, capable de transporter une personne à  près de 300 m du sol et disposant d’une autonomie de 23 minutes.

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  • L’Autonomous Air Taxi (AAT) de Volocopter

L’AAT est un taxi urbain volant autonome  donc sans pilote, conçu par le constructeur allemand Volocopter. Il a été testé en septembre 2017 à Dubaï. Cet engin peut transporter 2 personnes sur une distance de 27 km maxi, à une vitesse moyenne de 50 km/h, avec une autonomie de 20 min, en empruntant des trajets prédéfinis. Il est destiné aux grandes métropoles.

Dubaï espère confier 25 % de ses transports de passagers à ce type d'engins d'ici à 2030 ! Cette volonté devrait soutenir le développement de ce type de moyen de transport.

Volocopter espère proposer son service de taxi volant d’ici 5 ans et estime qu’il pourrait, à terme, concurrencer les taxis routiers.

Voir une vidéo

 

  • Les SeaBubbles

Contrairement aux engins cités précédemment, le SeaBubble se déplacera sur l'eau, et non dans l’air.  Ce véhicule aquatique électrique est équipé d’un foil, qui lui permet de se déplacer sur l’eau, à 50 cm de la surface. Il peut transporter jusqu’à 5 personnes, pilote inclus, à une vitesse de 50 km/h.

La recharge de la batterie est effectuée lorsque l’engin est garé dans un dock dédié, dont l’énergie est fournie de manière renouvelable. Quant à la réservation, elle sera effectuée via une application mobile.

Des exemplaires de ce véhicule aquatique devraient être testés à Paris, sur la Seine, au printemps 2018. Initialement prévus en septembre 2017, ces tests sont repoussés pour des aspects juridiques relatifs aux déplacements sur la Seine.

 

Des problématiques à résoudre avant les déploiements

L’enjeu de santé public de l’amélioration de la qualité de l’air va dans le sens du développement d’engins électriques, et ceci est déjà le cas aujourd’hui. La Commission européenne vient notamment de proposer un ensemble de mesures visant à accélérer la transition vers des véhicules à faibles ou nulles émissions. Tous ces engins autonomes étant électriques, cette législation va dans le sens de leur développement, et inversement.

Cela répond aussi à la problématique de saturation du trafic dans les métropoles et à la volonté des pouvoirs publics de réduire le nombre d'accidents et de décés sur les routes.

 

Le déploiement à grande échelle de ces taxis autonomes rencontre toutefois actuellement plusieurs problématiques :

  • juridique : les véhicules autonomes ne sont pas autorisés pour l’instant à circuler sur route ouverte, sans personne au volant. Seules les expérimentations sont possibles, sous réserve d’accord des pouvoirs publics.

Quelle responsabilité en cas d’accident d’un véhicule autonome ?

Qu’en sera-t-il pour les airs ? Il sera également nécessaire d’adapter la réglementation aérienne pour permettre à ces engins de voler.

  • leur autonomie et le temps de charge des batteries,
  • la quantitié d'énergie nécessaire et la possibilité pour le réseau de la fournir pour ces nombreux engins électriques,
  • leur fiabilité et la sécurité, notamment face au piratage,
  • la nécessité de numériser les villes, les quartiers, avec une précision de l’ordre de la dizaine de centimètres pour les engins autonomes circulant sur les routes avec des trajets non programmés,
  • certains fonctionnent uniquement sur des trajets fixes, programmés, et non sur des trajets « libres », à la demande,
  • le frein psychologique, l’appréhension des passagers à circuler dans un véhicule sans pilote, voire avec une absence totale de commande de pilotage qui permettrait d’en reprendre la main, si besoin,
  • leur coût élevé,
  • l’existence de zones d’atterrissage, de « vertiports »  et de recharge en haut d’immeubles, dans des parkings, des terrains près d’échangeurs routiers.

 

La question n’est plus aujourd’hui de savoir si ces engins verront vraiment le jour, mais plutôt quand seront-ils déployés. S’ils sont généralement annoncés sous 10 ans, il est nécessaire de compter sur eux dès à présent. Le taxi Autonom Cab est par exemple annoncé dès 2018.

 

Cela augure donc d’une évolution certaine du transport des personnes, qui aura inévitablement un impact sur les métiers de chauffeur taxi, VTC mai aussi d’ambulancier, et sur l’offre de services.

Erwann Tison, coordinateur des études à la Fondation Concorde, un think-tank économique, alerte dans un article paru dans Le Monde et « annonce la disparition de 100 000 emplois de chauffeurs de taxis et de VTC ». Navya, à titre d’exemple, avance plutôt que son Autonom Cab sera un service supplémentaire, disponible à toute heure, que les professionnels pourront proposer à leur clientèle. Du fait des investissements importants à prévoir, cela entrainera-t-il une concentration des entreprises du secteur ? 

Pour Guillaume Thibault, associé du cabinet de conseil en stratégie Oliver Wyman, « à terme, d’autres emplois seront créés notamment dans la maintenance, mais également aux postes de contrôle », a-t-il indiqué dans un article de Challenges.

Par ailleurs, une entreprise de transport de personnes pourrait proposer des moyens de déplacement combinant plusieurs modes, sur routes, dans les airs, voire sur l’eau, et ainsi diversifier son offre.

Et s’il existait une formule 2 en 1 ? Prenons l’exemple du TF-X de Terrafugia, qui n’est ni plus ni moins qu’une voiture volante capable de décoller verticalement !  Son développement n’est pas aussi avancé que celui des projets mentionnés précédemment, toutefois son calendrier est ambitieux : lancement prévu en 2019 et commercialisation en 2023 !

 

Les premières réponses à ces interrogations pourraient venir dès l’année prochaine avec la mise en service de l’Autonom Cab.

 

 

L’équipe Avisé

 

Sources : 20 minutes, 01/02/2015

RTL, 09/11/2017

AutoPlus, 09/11/2017

Challenges, 08/11/2017

Sciences et avenir, 26/09/2017

RTL, 10/10/2017

Actu.fr, 05/10/2017

ITespresso, 17/01/2017

Les Echos, 26/04/2017

Les Echos, 09/11/201

01net, 25/04/2017

Futura Sciences, 15/02/2017

Science et vie, 27/09/2017

Volocopter, 26/07/2017

Futura sciences, 27/09/2017

Sciences et avenir, 12/09/2017

Le Monde, 15/11/2017

Challenges, 22/10/2017

Crédit photo : StockSnap

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